Les dessous de l'infox, la chronique

Infox sur le Covid-19, la Chine contre-attaque

Audio 03:19
L'OMS a rapporté, ce lundi, que 70% des cas rapportés en Chine avaient guéri. Photo prise à l'aéroport international de Pékin, le 9 mars 2020.
L'OMS a rapporté, ce lundi, que 70% des cas rapportés en Chine avaient guéri. Photo prise à l'aéroport international de Pékin, le 9 mars 2020. REUTERS/Thomas Peter

En cette période de confinement dans nombre de pays touchés par le coronavirus, les réseaux sociaux recèlent le meilleur comme le pire. D’un côté, internet facilite les gestes de solidarité, et permet de rompre la solitude des plus isolés. De l’autre, la circulation de messages douteux fragilise les dispositifs mis en place pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Publicité

Les plateformes qui se sont engagées aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé dans la lutte contre le coronavirus laissent encore passer nombre de messages dangereux pour qui les prendraient au pied de la lettre. Exemple, ce tweet d’une élue connue pour ses prises de position extrêmes:

« Des êtres malintentionnés vous font croire que le #Coranovirus est une pandémie pour vous faire acheter des millions de masques, lotions alcoolisées, médicaments et bientôt vaccins. Et surtout étatiser l’économie. Il est urgent que cette propagande cesse car elle ruine la France. »

Et d’inciter plus loin, les populations à refuser le test du coronavirus et à sortir « profiter du soleil » avec les enfants etc…

L’auteur de ces tweets suivie par plus de 15 000 sympathisants remercie d’ailleurs Twitter France de maintenir son compte.

Chinois et américains se rejettent la responsabilité

Difficile d’évaluer l’impact de cette personne, mais elle est loin d’être seule dans le déni de la pandémie, et la dénonciation d’une campagne prétendument orchestrée à dessein, pour faire vendre des vaccins par exemple. Les réseaux sociaux foisonnent d’inepties de ce genre. Leur point commun, c’est en général de refuser d’emblée - sans preuve - l’origine naturelle du virus, selon le consensus scientifique en vigueur pour le moment. A partir de là s’échafaudent les scenarii les plus contradictoires. Alors que la contamination était à son paroxysme en Chine dans la région de Wuhan, l’ultra droite américaine accusait les autorités chinoises d’avoir laissé s’échapper un virus fabriqué en laboratoire à des fins offensives.

La réponse des autorités chinoises n’a pas tardé. Pékin accuse désormais ouvertement les Etats-Unis d’être à l’origine de la pandémie. Porte-parole et directeur adjoint du ministère chinois de l’information, Lijian Zhao s’est fendu d’un tweet pour demander aux américains plus de transparence concernant le patient zéro, suggérant qu’il ait pu s’agir d’un militaire américain, venu participer en octobre dernier aux jeux militaires mondiaux de Wuhan.

L’Union Européenne accuse la Russie

Un document interne de l’UE, obtenu par l’Agence France Presse accuse les médias pro-Kremlin de promouvoir la désinformation sur le Covid-19, avec pour objectif d’aggraver la crise sanitaire dans les pays occidentaux et de miner la confiance dans les systèmes de santé. L’Union européenne déplore notamment que ces médias financés par Moscou fassent la part belle aux thèses selon lesquelles le Covid-19 serait une création de laboratoire. On peut constater en effet que le site RTnews, ex-Russia Today, accorde une large place à ces récits, sans avancer le moindre début de preuve.

Au lendemain de la publication des informations obtenues par l'AFP incriminant les médias russes, le site RT news publie finalement, ce vendredi 19 mars un démenti de l'Institut Pasteur.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail