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Les dessous de l'infox, la chronique

Coronavirus: quand Pékin préfère que l'on oublie Wuhan

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Vue aérienne du laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, le 17 avril 2020 (image d'illustration). Il est scientifiquement prouvé que ce virus n’a pas été transformé par la main de l’homme.
Vue aérienne du laboratoire P4 de l'Institut de virologie de Wuhan, le 17 avril 2020 (image d'illustration). Il est scientifiquement prouvé que ce virus n’a pas été transformé par la main de l’homme. LOUISA GOULIAMAKI / AFP
Par : Sophie Malibeaux

Les messages de hauts responsables chinois se multiplient sur les réseaux sociaux à propos de la crise sanitaire du Covid-19. Alors que les doutes persistent sur l’ampleur de la catastrophe sanitaire en Chine, la diplomatie chinoise ne ménage pas ses efforts en faveur de la coopération internationale, tendant à faire oublier l’origine du virus.

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On a relevé cette semaine la série de tweets de l’ambassadeur de Chine auprès de l’Asean, Deng Xijun, basé à Jakarta en Indonésie. Six messages qui se suivent, en date du 21 avril : l’ambassadeur chinois commence par rappeler que « le déferlement soudain d’une épidémie à travers le monde avait rendu, plus évident que jamais, le fait que tous les pays étaient dans le même bateau et qu’ils connaîtraient ensemble l’essor ou le déclin ». D’où l’importance d’une réponse conjointe, et d’achever la série des tweets en expliquant que la Chine ferait tout pour assurer l’effort industriel global et la stabilité de la chaîne d’approvisionnement.

Sans oublier de rappeler « le consensus international contre toute tentative visant à étiqueter ou qualifier le virus ». C’est le tweet numéro 3 de la série. En d’autres termes, évitez à tout prix de faire référence au « coronavirus de Wuhan ».

Un virus devenu planétaire

Au moment de l’émergence de la maladie, on parle effectivement du « nouveau coronavirus de Wuhan », parce que factuellement, cette localité chinoise se trouve à l’épicentre du virus, lorsqu’apparaissent les tous premiers cas officiellement reconnus, en décembre.

Puis, le 11 février, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) adopte l’appellation Covid-19 pour nommer la maladie provoquée par le virus, dont le nom scientifique est le SRAS-CoV-2. À partir de ce moment-là, alors que l’épidémie est en train de se propager au reste du monde, les chinois mettent un point d’honneur à ce que l’on ne parle plus du « coronavirus de Wuhan ». Les représentants chinois dans le monde entier s’emploient désormais à faire oublier les origines de la maladie, préférant mettre en avant les efforts fournis pour aider les pays en difficulté.

L’origine du Covid-19 : une inconnue embarrassante

La disparition de lanceurs d’alerte chinois au début de la crise continue néanmoins de poser question, de même que le manque d’enquête indépendante sur les origines de la pandémie. Les accusations adressées à l’encontre de Pékin sont-elles pour autant toutes justifiées ?

Il y en a une qui ne l’est pas en tout cas, c’est la thèse selon laquelle le virus a été fabriqué en laboratoire à Wuhan. Il est scientifiquement prouvé que ce virus n’a pas été transformé par la main de l’homme. Et c’est vrai que ceux qui propagent cette théorie – en particulier dans les milieux d’extrême droite américaine - en évoquant même la possibilité d’une arme biologique ayant échappé à son inventeur, se plaisent à rappeler la localité d’origine du nouveau virus.

Cependant, force est de constater, que plusieurs mois se sont écoulés, sans que l’on puisse retracer le mode de contamination de l’homme. Comme pour le Sras en 2003, la chauve-souris fait figure de réservoir naturel du virus, mais cette fois-ci l’on ignore l’animal intermédiaire qui a pu transmettre le virus aux humains. Et certains s’interrogent sur une contamination accidentelle de l’homme en laboratoire. Aucun élément ne permet encore d’aboutir à une telle conclusion, mais la question reste ouverte. Et c’est ce qui explique que Pékin soit sur la défensive. De nombreux acteurs internationaux souhaitent en savoir plus. La coopération internationale c’est bien, en toute transparence, c’est mieux.

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