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Reportage France

L’Alsace sur la voie d’un dépistage massif du coronavirus?

Audio 02:27
Un dépistage rhino-pharyngé du nouveau coronavirus en France, le 22 mai 2020.
Un dépistage rhino-pharyngé du nouveau coronavirus en France, le 22 mai 2020. Stéphane de Sakutin/AFP
Par : Angélique Férat

La France a décidé de ne tester que les gens malades et les personnes contact avec un test virologique, le fameux test rhino-pharyngé qui détecte la présence ou non du virus. Mais en Alsace, certains élus ont demandé avant le déconfinement un dépistage de toute la population.

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C’est l’une des régions les plus fortement touchées par le coronavirus. La région de Strasbourg sera la première à se lancer. Plusieurs élus alsaciens ont signé une tribune dans le journal local dès le mois d’avril. Il demandait qu’on teste tout le monde pour préparer le déconfinement. Le gouvernement français n’a pas suivi cette voie. Seuls les malades et leurs contacts sont testés depuis le 11 mai 2020.

1 500 personnes sont mortes à l’hôpital du coronavirus en Alsace, mais comme les tests ont été rares, on ne connaît pas l’étendue de la contamination plaide Catherine Trautmann, ancienne maire socialiste de Strasbourg. L’élue qui est également la vice-présidente de l’Eurométropole prépare le dépistage des habitants de Strasbourg et de ses communes satellites.

« Lorsque l’on est confronté à une pandémie avec un virus aussi virulent mais qui peut aussi apparaître chez des personnes qui n’ont pas de symptômes, il faut vérifier comment il s’est répandu, qui il a atteint. Je crois qu’il y a un droit de savoir qui me paraît fondamental, on n’est pas à l’abris d’une deuxième vague et donc il faut prévenir en même temps qu’accompagner. »

Certains pays européens ont lancé ce genre d’études. L’Allemagne l’a fait dans ses régions les plus touchées. Les élus alsaciens défendent d’autant plus cette étude épidémiologique que les tests sont produits localement. La société Biosynex basée au sud de Strasbourg vient d’obtenir l’homologation de son test sérologique rapide. En cinq minutes vous savez si vous avez des anticorps ou non. Le test est simple comme un test de grossesse.

« Pour réaliser le test, vous avez une cassette où l’on va mettre le diluant et un puit carré où l’on va mettre l’échantillon de sang. Pour l’échantillon de sang vous avez un auto-piqueur et ensuite deux gouttes de diluant. Dans votre échantillon de sang qui va être drainé dans la bandelette, vous avez des anticorps. S’il vous trouve des antigènes et des anticorps, ils vont se marier et ça va apparaître. »

En deux mois, 4,5 millions tests ont été commandés à Biosynex. La startup a d’ailleurs décidé de rapatrier sa production en France depuis le 15 mai 2020. Oren Bitton, directeur commercial chez Biosynex :

« Relocaliser en France pour nous, cela commence à prendre un sens parce que l’on se dit que même s’il y a un coût un peu plus élevé, on est quand même prêts à vouloir investir pour notre santé. On a également des demandes pour des pays européens et des consommateurs en France qui voudraient être moins rattachés ou dépendants de la Chine. »

La région Grand Est va elle aussi acheter plusieurs millions de tests sérologiques. Elle a annoncé en avril vouloir tester ses départements les plus touchés par le coronavirus.

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