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Reportage international

États-Unis: les défenseurs des droits dénoncent les pratiques de la police de Houston

Audio 02:37
Le chef de la police de Houston, Art Acevedo marche aux cotés des manifestants, le 30 mai 2020.
Le chef de la police de Houston, Art Acevedo marche aux cotés des manifestants, le 30 mai 2020. Mark Felix/AFP

Les heurts entre la police et les manifestants aux États-Unis, les violences, les bavures, ne semblent épargner aucune ville. Sauf Houston où se tiennent pendant deux jours les hommages et funérailles de George Floyd.Mais derrière cette image relayée par un charismatique chef de la police de Houston Art Acevedo, les défenseurs des droits civiques ont une autre vision. Enquête de notre correspondant.

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Au cœur d’une manifestation à Houston, un sherif afro-américain en uniforme serre des mains. « Je marche avec eux. C’est la meilleure façon d’agir. Les policiers ne manifestent pas, ils sont là pour permettre à tout le monde de manifester en toute sérénité. Mais leurs supérieurs sont là et participent aux manifestations pour montrer leur soutien à la population. »

Mais à l’issue de cette manifestation, 200 personnes ont été arrêtées, pour être restées dans la rue après la dispersion. Monique Sparks fait partie d’un groupe d’avocats qui défendent gratuitement ces manifestants.
« Une cinquantaine de personnes a été enfermée dans un gymnase et y est restée toute la nuit avant que leur cas ne soit traité. Certaines étaient menottées (avec des liens en plastique). On nous a parlés de lacrymogène au poivre, de pistolet à air comprimé… Il y a trop de pratiques différentes. Celle que l’on voit à la télévision, marchant avec la population n’est pas la police que nous avons vue avec les manifestants. »

Les avocats parlent aussi de masques de protection retirés de force pendant les 30 heures de détention. Lors d’une autre manifestation à Houston une vidéo montre un officier de la police montée, renverser une manifestante que son cheval piétine ensuite.

Art Acevedo, chef de la police de Houston : « j’ai vu cette vidéo. Et j’ai déjà dit à ma police montée qu’un cheval est comme une voiture. Peu importe l’urgence d’où vous vous rendez, quand il y a une foule vous devez ralentir. Et je ne connais aucun officier de police qui hésiterait à dire, que ce soit intentionnel ou non. " Je suis désolé, oh mon dieu on est tellement désolé que ça ait eu lieu ". C’est le moins que l’on puisse faire en tant que département de police, c’est de reconnaitre que ce n’était pas notre intention. C’est la seule façon de pouvoir guérir nos relations avec la population. Vous devez être transparent et admettre quand vous pouvez faire mieux. »

Mais ces six dernières semaines, six personnes ont été tuées par la police de Houston dans des affaires criminelles ou de menaces à mains armées. Et les vidéos n’ont pas été rendues publiques.

Art Acevedo s’explique : « Nous ne sommes pas opposés à rendre publique les vidéos, mais on a montré les vidéos ou proposé de montrer les vidéos aux familles. Ils ne veulent pas que les images de leurs proches arrivent sur internet, sur des sites violents et que leur famille y soit exposée pendant des générations. »

Depuis sa prise de fonction en 2016, en moyenne sept personnes sont tuées chaque année par la police de Houston, ce qui ne représente que 7% des tués par la police au Texas.

Nneka Akubeze est avocate pour l’association Houston Protestor’s Defense team :« On ne peut pas se satisfaire de ces chiffres. Parce qu’une seule vie c’est déjà trop. Il y a des métiers que vous ne pouvez pas mal faire. Vous n’allez pas monter dans un avion si on vous dit, le pilote ? c’est un de nos meilleurs. Il n’est pas un très bon pilote, mais il devrait arriver à faire le boulot. C’est inacceptable, personne ne voudra monter dans cet avion. »

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