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Aujourd'hui l'économie

Pourquoi Donald Trump attise sa guerre commerciale avec l’Europe

Audio 03:59
Donald Trump lors de son dernier meeting de campagne à Tusla. Le 20 juin 2020.
Donald Trump lors de son dernier meeting de campagne à Tusla. Le 20 juin 2020. REUTERS/Leah Millis

L’administration américaine envisage de renforcer les taxes douanières sur les produits européens dans le cadre du contentieux sur l’aéronautique. Pourquoi cette nouvelle escalade dans la guerre commerciale menée par Donald Trump contre l’Union Européenne ?

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Donald Trump aime jouer avec les nerfs de ses interlocuteurs, et il a trouvé une nouvelle technique pour les fragiliser ; le supplice du carrousel. Cela consiste à changer régulièrement la cible des représailles commerciales pour bien désorganiser et paniquer les secteurs concernés. Les vins français, le gin, la bière britannique ou encore les lentilles fabriquées en Allemagne pour les appareils photos sont maintenant dans le viseur du service améciain chargé d'établir la liste. Des vêtements de luxe pourraient y être intégré et voir leur prix doubler avec des taxes à 100%, de quoi stopper net les achats des clients américains. Dès le mois d’août, trois produits européens encourent une nouvelle hausse drastique des droits de douane. Évidemment, dans le contexte actuel de récession, c’est un coup dur pour les exportateurs européens comme pour les distributeurs américains qui souffrent eux aussi de ces représailles commerciales. Ils ont un mois pour faire part de leurs réserves. Les secteurs des spiritueux et du luxe sont les plus affectés. Ces informations divulguées tard mardi soir, couplées au regain du coronavirus, ont plombé les Bourses européennes et américaines.

Pourquoi cette nouvelle offensive des Américains au moment où leur économie se porte si mal ?

Donald Trump a deux calendrier en tête. D’abord celui de l’élection présidentielle, c’est en novembre, et pour se faire réélire, il fait vibrer la corde du nationalisme économique qui touche le cœur de son électorat. Les voix des cavistes ou des brasseurs américains ne font pas le poids face à celles des régions industrielles menacées par la concurrence mondiale. L’autre calendrier, c’est celui de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) qui arbitre ce conflit sur l’aéronautique depuis maintenant dix ans. Et les décisions et l’agenda de l’OMC sont plutôt favorables aux États-Unis. L’OMC a autorisé, à l’automne dernier, les représailles américaines contre les subventions publiques à Airbus sur un montant global de 7,5 milliards de dollars de marchandises.

Washington a pour l’instant mis en œuvre des hausses de droit sur environ la moitié de cette enveloppe

Histoire de garder des cartouches dans son jeu pour contraindre les européens à négocier. Pour le moment c’est raté, le coronavirus a stoppé net les pourparlers ; et maintenant pour les empêcher de riposter ; car eux aussi sont allés devant l’OMC et réclament des réparations pour les subventions publiques accordées à Boeing. Manque de chance pour Bruxelles, l’OMC ne rendra sa décision qu'en septembre ; Washington profite de cette latence et une fois encore, menace dans l’espoir de terroriser son adversaire.

Quels sont les principaux pays dans le viseur de la Maison Blanche ?

La France, l’Allemagne, l’Espagne, l’Italie et le Royaume Uni. Les pays qui par ailleurs ont bien l’intention d’appliquer une nouvelle taxe contre les GAFA, les géants américains du net à l’impôt. Un autre dossier auquel les États-Unis sont maitenant très hostiles. Après avoir accepté de négocier la mise en place de cet impôt dans le cadre de l’OCDE, ils ont annoncé la semaine dernière qu’ils se retiraient des discussions, menaçant au passage les États qui l’appliqueraient sans concertation de représailles commerciales. Les deux dossiers, aéronautique et taxe digitale, sont totalement disjoints mais ce sont bien les facettes d’une même guerre, celle que mène ouvertement Donald Trump contre son allié transatlantique.

EN BREF

Bayer signe un chèque de 10 milliards de dollars pour dédommager les victimes américaines du Round Up. Avec ce gros chèque, le géant allemand de la chimie espère mettre un point final aux poursuites judiciaires qui polluent la vie du groupe depuis le rachat de Monsanto et de son désherbant si contesté. 100 000 plaignants sont concernés. Bayer continuera toutefois à vendre l'herbicide et à nier son potentiel cancérigène.

La compagnie australienne Qantas s'apprête à supprimer 6 000 postes. C'est le prix à payer, estime son directeur, pour sauver ce fleuron national. En ce moment 15 000 salariés sont au chômage partiel. La société envisage son rétablissement d'ici trois ans.

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