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Reportage international

Chili: les secouristes des manifestations d’octobre en première ligne contre le Covid-19

Audio 02:29
Du personnel hospitalier autour d'un malade du Covid-19 à Santiago du Chili, à l'hopital Posta central, l'un des établissements hospitaliers les plus importants de la capitale chilienne, le 27 juin 2020 (photo d'illustration).
Du personnel hospitalier autour d'un malade du Covid-19 à Santiago du Chili, à l'hopital Posta central, l'un des établissements hospitaliers les plus importants de la capitale chilienne, le 27 juin 2020 (photo d'illustration). REUTERS/Ivan Alvarado

Au Chili, gros plan sur ces soignants qui étaient secouristes pendant les manifestations lancées en octobre dernier contre les inégalités dans le pays. Alors en première ligne pour soigner les manifestants blessés, lors des rassemblements qui ont souvent été réprimés, ils sont nombreux aujourd'hui à travailler dans les hôpitaux, en pleine pandémie de Covid-19 dans le pays. Le nouveau coronavirus a déjà fait près de 9 000 morts au Chili (au 1er juillet selon méthodologie OMS), qui compte aussi le plus grand nombre de cas au monde par rapport à sa population, derrière le Qatar. Notre correspondante au Chili a recueilli les témoignages d'anciens secouristes bénévoles, aujourd'hui en première ligne pour prendre en charge les patients atteints du coronavirus.

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Sebastian n'a pas encore fini ses études d'infirmier, et pourtant, il travaille déjà depuis début juin dans une clinique privée de Santiago : « À cause de la pandémie, les établissements de santé embauchent des étudiants en soins infirmiers, aides-soignants, étudiants en kiné, pour pouvoir satisfaire leurs besoins actuels en personnel. »

De nombreux soignants ont attrapé le coronavirus, ce qui explique en partie les besoins accrus en personnel. Et même si les autorités chiliennes n'ont jamais parlé de saturation des établissements de santé dans la capitale, jusqu'à maintenant, Sebastian affirme que cela ne correspond pas à ce qu'il voit au quotidien : « La clinique où je travaille est saturée. Quand un patient meurt, son lit est de nouveau occupé au bout de deux heures. »

Et la situation est pire dans les hôpitaux publics, où se soignent la majorité des Chiliens, les plus pauvres, et les plus précaires. Makarena, 27 ans, a elle aussi été secouriste bénévole pendant le mouvement social né en octobre contre les très fortes inégalités sociales au Chili. Étudiante infirmière, elle travaille en même temps dans un grand hôpital public de la capitale : « Ici il y avait une dizaine de lits de réanimation, et ce chiffre est passé à 68 ! Il n'y aucun étage de l'hôpital et aucun service de l'hôpital sans patients atteints du Covid-19. »

Le Chili a plutôt un bon système de santé par rapport à d'autres pays d'Amérique latine, mais il reste très inégalitaire. Une réalité qui rappelle à Makarena pourquoi il était si important pour elle de participer, à sa manière, aux manifestations lancées en octobre : « C'était le sens des demandes sociales... Car ici les inégalités sont abyssales. »

Et comme la plupart des soignants, elle considère que le gouvernement, mené par le milliardaire de droite Sebastian Pinera, a beaucoup trop tardé à mettre en place le confinement dans le grand Santiago : « À un moment donné, le gouvernement a voulu privilégier l'économie, devant la santé. Aujourd'hui ces deux domaines sont au bord du gouffre. Et pour les gens qui ont perdu des membres de leur famille à cause du coronavirus, c'est irréparable. »

Conséquence des manifestations lancées en octobre, un référendum sera organisé dans un peu moins de quatre mois, pour ou contre l'abandon de la Constitution actuelle, héritée de la dictature du général Pinochet. Makarena espère que les Chiliens choisiront une nouvelle Constitution. Pour, peut-être, rendre moins inégalitaire le système de santé du pays.

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