Chronique des matières premières

Le géant brésilien de la viande JBS encourage l’élevage illégal en Amazonie

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Un employé de l'entreprise JBS, à Lapa dans l'État de Parana au Brésil.
Un employé de l'entreprise JBS, à Lapa dans l'État de Parana au Brésil. REUTERS/Ueslei Marcelino

Au Brésil, l’occupation illégale de l’Amazonie par les troupeaux ne cesse de progresser. Selon une enquête d'Amnesty International, intitulée « De la forêt à la ferme », le géant brésilien de la viande JBS ferme les yeux sur l’origine de ses approvisionnements.

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Ce n’est pas le premier scandale dans l’industrie brésilienne de la viande. On se souvient de la fraude sur la fraîcheur des produits du géant brésilien JBS, il y a trois ans. Actuellement, l’entreprise rechigne comme tout le secteur à mettre en place les mesures de distanciation physique dans les abattoirs par peur de perdre en productivité. Et voilà une nouvelle accusation de la part d’Amnesty International : JBS s’approvisionnerait en bêtes issues d’élevages illégalement implantés sur des territoires protégés d’Amazonie.

L’amputation des territoires indigènes a doublé en un an

L’Amazonie est effectivement la région du Brésil où l’élevage bovin a la plus progressé, le nombre d’animaux a quadruplé en trente ans pour atteindre 86 millions de têtes, soit 40% du cheptel du pays aujourd’hui. Mais certaines zones sont protégées, comme les territoires indigènes. Pourtant, leur surface a été deux fois plus rognée, entre août 2018 et juillet 2019, que l’année précédente. Amnesty International a recueilli le témoignage de communautés indigènes qui se voient privées de leurs terres, défrichées et semées d’herbe pour les troupeaux. Dans l’État amazonien de Rondonia, l’Agence de surveillance de santé animale IDARON a enregistré une hausse de 22% des troupeaux dans des zones protégées.

« Blanchiment du bétail »

L’administration est en cause. Mais en bout de chaîne Amnesty International pointe la responsabilité du groupe brésilien de la viande JBS. C’est un géant de l’export, soucieux de son image internationale, et il s’est engagé à ne plus s’approvisionner en bétail issu de la déforestation depuis… 2009. C’est sans compter le procédé de « blanchiment du bétail », par lequel les bêtes sont déplacées artificiellement d’une exploitation illégale vers une exploitation légale avant la vente aux abattoirs. Le groupe JBS reconnaît que « la traçabilité de toute la chaîne d’approvisionnement en viande bovine est un défi pour l’ensemble du secteur et une tâche complexe ». Amnesty International demande au géant brésilien de la viande de « mettre en place d’ici la fin de l’année un système effectif de contrôle » de ses fournisseurs indirects de bovins.

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