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Reportage international

Inde: création de la première banque de plasma du pays pour les malades du Covid

Audio 02:30
Du personnel médical dans une unité de soins intensifs soignent des patients atteints du coronavirus dans un hôpital de New Delhi, le 17 juillet 2020.
Du personnel médical dans une unité de soins intensifs soignent des patients atteints du coronavirus dans un hôpital de New Delhi, le 17 juillet 2020. REUTERS/Danish Siddiqui

L’Inde est le troisième pays le plus touché du monde par la pandémie de Covid-19. Et les autorités déploient donc toutes les techniques possibles pour lutter contre le virus. À New Delhi, la capitale, elles ont recours à des dons de plasma de patients guéris du virus, ce qui permet aux nouveaux malades de se rétablir plus rapidement. Pour cela, elles viennent de créer la première banque de plasma du pays. Notre correspondant à New Delhi, Sébastien Farcis, a rencontré ces anciens malades qui viennent en aide aux nouveaux patients.

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Quatre patients sont allongés dans la salle de dons, à côté de machines qui pompent leur sang et en extraient le plasma. Parmi eux, un militaire et deux médecins, qui ont contracté le Covid-19, il y a plus de deux semaines. Ils sont maintenant guéris et ont donc développé des anticorps contre ce virus,des anticorps précieux pour les futurs malades. « Je m’appelle Mohammad Danish, et en tant que docteur, je veux aider de deux manières, en soignant et en donnant mon plasma, explique-t-il. J’ai été malade et cela a été un enfer. »

Tous les malades soignés du coronavirus qui ne souffrent pas de problèmes de santé chronique peuvent donner leur plasma, un liquide transparent contenu dans le sang. La procédure prend deux heures en tout, en comprenant les tests initiaux, pour retirer 500 ml de plasma. Chaque donneur peut ainsi aider deux malades. Ce qui a motivé Subhash Nagpal, un avocat de 54 ans. « J’ai été infecté par le coronavirus, ainsi que ma femme, mon frère et mes parents, déclare-t-il. Et je viens de perdre mes deux parents à cause de ce virus. Donc je me suis dit que si j’avais échoué à sauver leur vie de mes parents, je pouvais peut-être sauver d’autres vies par ce don. »

Les donneurs volontaires comme lui sont toutefois rares, dans ce centre ouvert le 2 juillet dernier. La plupart des dons sont réalisés par des proches de malades du Covid-19, obligés de fournir du plasma pour remplacer celui injecté à leur parent ou ami.

La docteure Amitabh Gupta est la responsable de cette banque de plasma à l’Institut des sciences du foie et de la bile. « Environ 60% des dons sont réalisés pour remplacer le plasma utilisé, déplore-t-elle. Ce n’est pas bien ! Car il nous faut constituer un stock pour les futures transfusions d’urgence. Mais le gouvernement de New Delhi fait un super travail en appelant les anciens malades pour les inciter à donner. »

Le traitement du Covid-19 par plasma est encore expérimental, mais il est utilisé dans plusieurs hôpitaux de New Delhi. Le groupe privé Max Healthcare a commencé il y a trois mois et a administré du plasma à environ 200 patients. Retour d’expérience, par le directeur clinique du groupe, Sandeep Budhiraja :
« Nous avons constaté que cette thérapie fonctionnait au mieux chez les patients aux symptômes modérés. Cela évite une grande majorité d’entre eux d’avoir recours à un ventilateur. Si nous transfusons le patient quand il est déjà sous ventilateur, cela aide, mais c’est moins efficace. » Le gouvernement de New Delhi a ouvert le 14 juillet une deuxième banque de plasma dans un autre hôpital public de la ville.

 

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