Chronique des matières premières

Inondations et Covid-19 propulsent les prix du thé en Inde à des niveaux records

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Une plantation de thé du district de Nagaon, dans le nord-est de l'État de l'Assam, en Inde.
Une plantation de thé du district de Nagaon, dans le nord-est de l'État de l'Assam, en Inde. REUTERS/Anuwar Hazarika

Alors que les prix du cacao et du café restent déprimés par le Covid-19, les prix du thé indien s’envolent. La pandémie a perturbé la récolte et les pluies ont inondé les plantations dans le nord du pays.

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Les inondations sont telles dans le nord de l’Inde que trois millions de personnes ont été déplacées depuis le mois de mai. Les plantations de thé sont sous l’eau dans l’État de l’Assam. Il s'agit de la principale région de production, qui fournit plus de la moitié de l’offre indienne de thé. Le « second flush », la deuxième récolte, la plus chère, est abîmée.

Prix du kilo en hausse de 50%

Or, la première récolte avait déjà souffert du manque de main-d’œuvre dans les plantations, depuis le mois de mars, à cause des restrictions de circulation face au Covid-19. Au cours des quatre premiers mois, la production indienne de thé aurait plongé de 40%. Avec les inondations, les prix du thé indien s’envolent. Le kilo s’est échangé ces derniers jours à plus de 232 roupies, soit 3,11 dollars le kilo, une hausse de plus 50% par rapport à l’an dernier, du jamais-vu.

Des marchés perdus pour l’Inde ?

Même si les prix parvenaient à compenser en théorie les pertes de volumes - sur toute l’année les prix indiens pourraient grimper de 12% quand la production chutera de 10% - les coûts de production sont aussi en forte hausse. Si ce niveau de prix ne se maintient pas l’an prochain, ce qui est fort peu probable, beaucoup risquent de mettre la clé sous la porte. Par ailleurs, l’Inde en tant que deuxième exportateur mondial, livre habituellement du thé dans tout le Proche et Moyen-Orient, au Royaume-Uni et jusqu’en Russie, mais ses prix élevés pourraient lui faire perdre des marchés, au profit de la Chine, du Sri Lanka, voire du Kenya, le champion des exportations de thé.

Surproduction au Kenya

Car le Kenya, au contraire de l’Inde, croule sous les stocks de thé, après des pluies très favorables en janvier. Et ces stocks de thé kényan très bon marché, qui valait moins de 2 dollars le kilo aux dernières enchères, attendent impatiemment que le commerce international du thé reprenne de la vigueur, après les perturbations liées au Covid-19.

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