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Afrique économie

Nigeria: l'économie paralysée à Lagos à cause d'un pont

Audio 02:23
Avec la fermeture partielle du pont principal de la ville, se déplacer est devenu un enfer pour ses 20 millions d'habitants. Aux heures de pointe, l'entrée du Third Mainland Bridge se transforme en un gigantesque goulot d'étranglement pour les voitures.
Avec la fermeture partielle du pont principal de la ville, se déplacer est devenu un enfer pour ses 20 millions d'habitants. Aux heures de pointe, l'entrée du Third Mainland Bridge se transforme en un gigantesque goulot d'étranglement pour les voitures. AFP/Pius Utomi Ekpei
Par : Liza Fabbian
6 mn

Au Nigeria, les travaux de rénovation de Third Mainland, le plus grand pont de la mégalopole de Lagos, viennent compliquer la vie des travailleurs qui font quotidiennement le trajet entre le continent où vit la majorité de la population et les « îles », le cœur économique de la ville. Les travaux de maintenance du deuxième plus grand pont d’Afrique vont durer six mois et ils rendent la circulation encore plus difficile qu’elle ne l’est habituellement pour les 20 millions d’habitants de la ville. Avec un coût important pour l’économie, déjà fragilisée par la crise du Covid-19.

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Le bruit est assourdissant sur le pont de Third Mainland entre le vrombissement des moteurs et les cris des sirènes des escortes de sécurité. Vers 17 heures, un immense bouchon s’étire sur le pont de 12 kilomètres qui relie les quartiers d’affaires de Lagos au continent.

Avec les travaux en cours et la circulation alternée matin et soir, les automobilistes vivent un calvaire, comme Adeyinka, qui progresse mètre après mètre dans les bouchons : « Vous voyez, les embouteillages sont très difficiles. On progresse très lentement sur le pont et on passe trop d’heures sur la route. Je suis dans les bouchons depuis deux heures maintenant et vous voyez, ça n’avance toujours pas. Les autorités disent qu’il faut rénover le pont, qu’il risque un effondrement total. Mais nous n’avons pas d’alternatives ! »

La fermeture partielle du principal pont de Lagos fait passer le temps de trajet dans la mégalopole d'une heure trente à quatre ou cinq heures par jour en moyenne. Des déplacements encore compliqués par le couvre-feu toujours en vigueur à partir de 22 heures pour freiner la propagation du coronavirus dans la ville, épicentre de l’épidémie.

Cette perte de productivité a un coût énorme pour l’économie selon l’analyste Bismarck Rewane : « Si on considère tout le temps perdu, en terme de productivité, en terme de coût de transport, en terme de santé… le coût total de tout ça s’élève à plus d’un milliard de dollars par mois. En plus, le pont de Eko est lui aussi en travaux. Donc sur les trois ponts de Lagos, un seul est complètement opérationnel, les deux autres en partie seulement. Tout le monde est affecté, même ceux qui n’empruntent pas cette route. Cela fait augmenter les prix et baisser la productivité des salariés. Et de toute façon, tôt ou tard, tout le monde a besoin d’aller sur le continent. Il y a un impact direct et indirect. »

Un coût supporté aussi par les usagers, comme Kayode, étudiant en stage. Il traverse le pont de Third Mainland tous les jours en taxi collectif : « Avant le trajet depuis le continent coûtait 20 centimes d’euros. Mais à cause du Covid-19 et des nouvelles règles de distanciation sociales dans les taxis, le prix est passé à 34 centimes. Maintenant avec la fermeture du pont et les embouteillages, le prix est deux fois plus élevé qu’avant. »

Mais pour l’économiste Bismarck Rewane, il vaut mieux réaliser ces travaux maintenant, alors que l’activité tourne toujours au ralenti plutôt que dans six mois, avec un coût encore plus élevé.

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