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Afrique économie

Le secteur arachidier sénégalais en crise

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L'arachide est le principal produit cultivé au Sénégal par au moins 60% de la population et il est principalement utilisé dans les aliments.
L'arachide est le principal produit cultivé au Sénégal par au moins 60% de la population et il est principalement utilisé dans les aliments. AFP/SEYLLOU

Le secteur arachidier sénégalais est perturbé. Les agriculteurs sont à la fête avec des prix de vente de l’arachide en hausse mais les huileries ne parviennent pas à concurrencer les acheteurs chinois et se retrouvent sans matière première. La campagne qui débute ce mois-ci risque de s’avérer décisive pour la survie des compagnies huilières.

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Les commerçants chinois sont devenus les premiers acheteurs de l’arachide sénégalaise. En 2020, ils auraient raflé environ 400 000 tonnes selon une source syndicale, faisant le bonheur des producteurs. Car les Chinois bénéficient d’un accord passé avec le gouvernement et sont exemptés de nombreuses taxes. Ils proposent donc des prix plus élevés que le prix officiel. Résultat, les compagnies huilières locales sont en crise. Deux huileries ont déjà fermé leurs portes cette année, et les plus grandes, comme la Sonacos et la Copéol, ont réduit leurs effectifs. 

Ce que déplore Ibrahima Diallo, le secrétaire général du Syndicat des corps gras : « Chaque année on faisait travailler beaucoup de gens dans le secteur de la trituration, mais cette année-ci, par défaut de matière première, personne n'a repris fonction. Les gens qui étaient à la Copéol sont en chômage technique pour beaucoup, et à la Sonacos il n'y a presque plus d'emplois. »

Les agriculteurs sont partagés. D’un côté, les Chinois proposent des prix jamais atteints et contribuent à enrichir les familles. Mais les huiliers jouent un rôle structurant dans la filière, et leurs difficultés rejaillissent sur l’ensemble du secteur. Sidy Bah est le secrétaire général du CCPA, le cadre de concertation des producteurs d’arachide : « Certains huiliers font un accompagnement correct avec les producteurs que nous sommes en nous fournissant des engrais, des semences de bonne qualité. Ils font de véritables efforts. Je peux citer Copéol, avec qui nous travaillons depuis quatre ans. Je pense que l'État du Sénégal doit veiller à aider ces entreprises qui essaient de suppléer l'État en fournissant des intrans aux paysans. »

Les effets de la précédente campagne se font déjà sentir et en juillet les paysans ont reçu moins de semences, selon les syndicats, ce qui laisse augurer une récolte en octobre plus faible que prévu. Mais surtout, une disparition progressive des huileries laisserait les agriculteurs en position de faiblesse face aux acheteurs chinois. Ibrahima Diallo :

« Le jour où les Chinois auront assez de matière première chez eux, ils ne viendront plus. Ils nous ont pris les bonnes graines qui devaient servir de semences. Si nous continuons comme ça, c'est la filière qui va disparaitre complètement. »

Producteurs comme huiliers demandent donc à l’État de prendre en compte les intérêts de la filière. Et de rééquilibrer les mesures avantageuses accordées aux Chinois. Les discussions sont en cours.

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