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Afrique économie

RDC: le contrat minier signé avec les Chinois est-il une bonne affaire pour le pays?

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Une mine de cuivre à Kolwezi, en RDC (image d'illustration).
Une mine de cuivre à Kolwezi, en RDC (image d'illustration). SAMIR TOUNSI/AFP

C'est un projet emblématique pour la RDC depuis le début de l'année : le Chinois CNMC a commencé à exploiter le gisement de cuivre de Deziwa considéré comme un fleuron. Pour la Gécamines, la grande compagnie minière congolaise, ce projet est emblématique de sa nouvelle politique, visant à mieux faire profiter le pays de ses richesses. Qu'en est-il exactement ? Difficile de le savoir, répond l'ONG britannique Global Witness qui a enquêté sur un contrat qu'elle juge entre trop opaque.

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Située dans la ceinture de cuivre au sud de la RDC, la mine de Deziwa est l'une des plus prometteuses du pays. Pour l'exploiter, la Gécamines a conclu en 2015 un méga contrat de 800 millions de dollars avec le Chinois CNMC, l'un des spécialistes mondiaux de l'exploitation du cuivre. La Gecanimes et CNMC ont mis sur pied une co-entreprise qui a commencé cette année la construction d'une usine de traitement du minerai. Le géant congolais cite ce contrat comme l'exemple d'une politique désormais plus favorable aux intérêts du pays. Pour en être convaincu, l’ONG britannique Global Witness et son chercheur Jean-Luc Blakey souhaitent davantage de transparence.
« Pour Deziwa, il n'y a qu'un seul document relatif à ce projet qui a été publié. Les grandes lignes mais pas vraiment les détails. Ces détails sont contenus dans les contrats et les amendements qui devaient venir après, or nous savons qu'ils sont déjà signés puisque le projet a avancé. Donc non, les détails qui donnent la vraie valeur du projet ne sont pas publiés, alors même que la loi congolaise exige qu'ils le soient. »

Pour autant Global Witness reconnait que le contrat innove dans un secteur jugé très opaque. Ainsi, la Gécamines bénéficie de 49% des parts de la coentreprise crée avec CNMC et au bout de neuf ans récupérera la mine et ses équipements. Franck Fwamba coordinateur du collectif «Touche pas à mon cobalt » est plutôt partisan de ce type de montage.
« Deziwa c'est un projet minier limité dans le temps. Tous les autres projets sont signés pour la durée de vie de la mine, Deziwa c'est juste pour neuf ans. Quoi qu'il arrive, dans neuf ans, CNMC se désengage. »

Reste que le diable se cache souvent dans les détails et que les détails ne sont ici pas divulgués... Emmanuel Umpula, le directeur exécutif de l'Observatoire africain des ressources naturelles, s'interroge.
« Vous svaez quand vous exploitez une mine, vous n'avez pas la même qualité de minerai à tous les niveaux. Est-ce que quand on aura terminé la partie supérieure de l'exploitation de la mine, l'usine de traitement ne sera pas appellée à être réadaptée ? Que dit le contrat ? Est-ce que ce sont les Chinois qui devront réinvestir, est-ce que c'est la Gécamines. Ces questions sont sans réponses. D'un autre côté, il y a la question des réserves. Est-ce qu'après neuf ans, il y aura encore des réserves ? »

Beaucoup de questions restent sans réponses, ainsi on ne sait pas si la Gécamines qui possède 49% du projet touchera dès la première année d'exploitation une partie des dividendes. Pour le savoir, il faudrait que la transparence des contrats exigée notamment par la société civile fasse encore des progrès.

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