Reportage Afrique

Le Rwanda mise sur le tourisme local

Audio 02:13
Un groupe de zèbres dans le Parc national de l'Akagera au Rwanda. (Photo d'illustration)
Un groupe de zèbres dans le Parc national de l'Akagera au Rwanda. (Photo d'illustration) guenterguni/Getty Images

Le Rwanda mise sur le tourisme local pour compenser la quasi-absence des touristes internationaux due à la pandémie de Covid-19. Baisse des prix, diversification des activités touristiques, etc. : tout est fait pour attirer davantage de Rwandais dans les parcs nationaux et tenter de sauver un secteur qui représente 10% du PIB du pays.

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« Nous entrons sur la terre des éléphants donc faites attention et ouvrez vos yeux ! » Après trois mois de chômage dus à la fermeture du parc pendant le confinement, Amour Ahorukomeye, guide au Parc national de l’Akagera, a repris le travail en juin. Aujourd’hui, il emmène une vingtaine de jeunes Rwandais en safari. « Ils sont tous très intéressés et curieux, explique-t-il. Ils veulent en savoir plus sur les animaux. Les Rwandais comprennent de plus en plus l’importance du tourisme et de la conservation. Donc, dernièrement, nous avons davantage de visiteurs locaux. »

Pas de lions cette fois-ci, mais des éléphants, des crocodiles et des girafes. Hippolyte Nzibaranga est satisfait car depuis la fin du confinement, il a entrepris de découvrir le Rwanda, encouragé par des prix plus abordables que d’ordinaire. « C’est la première fois que je viens ici à l’Akagera et je suis très enchanté, c’est très excitant, explique-t-il. Je veux continuer à visiter mon pays. Aujourd’hui, j’ai pu venir ici à l’Akagera. La semaine prochaine, je prévois de visiter le parc de Nyungwe pour voir la canopée. »

La journée a été organisée par l’agence de voyage Ikaze créée il y a un an et demi. La petite entreprise a été durement touchée par la crise. Aujourd’hui, elle a adapté ses offres aux touristes locaux : moins d’hôtels de luxe, moins d’excursions coûteuses pour voir les gorilles des montagnes, plus de camping et de randonnées en groupe, etc.

« C’est le moment ou jamais de développer le tourisme local, estimeYves Nkundabagenzi, directeur de l’agence. Il y a un intérêt grandissant de la part des jeunes professionnels pour découvrir leur pays. Bon, on ne peut pas dire que les chiffres soient élevés, en tout cas pour nous. Car il y a encore des obstacles et certaines personnes ont perdu leur emploi à cause de la crise. D’autres ont peur de voyager. »

Pour entrer dans les parcs, les visiteurs doivent maintenant présenter un test du Covid-19 négatif réalisé dans les 48 heures précédentes. Autant de mesures destinées entre autres à rassurer les touristes et à préserver un secteur qui a généré 528 millions de dollars en 2018.

► (Ré)écouter : Le Rwanda mise sur le tourisme haut de gamme

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