Accéder au contenu principal
Le monde en questions

Les «accords d’Abraham»: un tournant pour le Moyen-Orient?

Audio 02:54
Les ministres bahreïni et émirati des Affaires étrangères avec Donald Trump et Benyamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020.
Les ministres bahreïni et émirati des Affaires étrangères avec Donald Trump et Benyamin Netanyahu à la Maison Blanche, le 15 septembre 2020. REUTERS/Tom Brenner

Comme chaque vendredi, nous retrouvons la chronique Le monde en questions, qui revient cette semaine sur la signature, à Washington, des accords de paix entre Israël et deux monarchies arabes du Golfe : les Émirats arabes unis et Bahreïn. Et la question qui se pose est la suivante : avec la signature de ces « accords d’Abraham », peut-on parler d’un tournant au Moyen-Orient ou s’agit-il d’un moyen pour les Émirats, Bahreïn et Israël d’unir leurs forces contre l’Iran ?

Publicité

Alors bien sûr, du côté des trois signataires et de la Maison Blanche, on souligne à quel point il s’agit d’un moment historique pour la région, puisque, pour la première fois depuis 26 ans, Israël normalise ses relations avec deux pays du monde arabe.

Mais ce rapprochement en fait est dicté par une crainte commune, celle de voir l’Iran accroître sa puissance régionale, menacer l’existence d’Israël et peut-être contribuer au renversement des régimes autoritaires sunnites aux Émirats et à Bahreïn.

À lire aussi : Accords de normalisation avec Israël: la fin du consensus arabe autour de la Palestine

Ce rapprochement, en fait, est aussi l’aboutissement de liens tissés dès les années 1990, avec des rencontres très discrètes entre Émiratis et Israéliens, des liens qui se sont renforcés sous le mandat de Barak Obama, jugé trop conciliant selon eux avec Téhéran.

Et de ce point de vue, l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche a été vue comme une aubaine. Elle a permis à cette normalisation de faire son coming out, en quelque sorte sous les auspices d’un président américain obsédé par l’Iran et par sa réélection espérée par lui dans un mois et demi. Car cette normalisation d’Israël avec une partie du monde arabe ne peut que plaire à son électorat évangélique.

Et Donald Trump ne compte pas s’arrêter là et aimerait surtout annoncer une autre bonne nouvelle avant le scrutin du 3 novembre 2020. C’est pourquoi il a affirmé que d’autres pays arabes, y compris « les gros », pourraient eux aussi normaliser leurs relations avec Israël. Sont évoqués : le sultanat d’Oman, le Maroc, mais surtout l’Arabie saoudite.

À lire aussi : Accords Israël-Bahreïn-Émirats: Trump salue «la naissance d'un nouveau Moyen-Orient»

Alors ce pays pourrait-il franchir le pas ? Certains signaux semblent aller dans ce sens : des prêches beaucoup plus tolérants envers Israël dans les mosquées du pays. Ou encore l’acceptation par Riyad que son espace aérien puisse être survolé par des avions civils israéliens.

Donc, oui, on y pense à Riyad, à reconnaitre Israël. Mais la configuration interne reste compliquée : le vieux roi Salmane hésite à défaire ce qui avait été fait par son prédécesseur Abdallah en 2002, la fameuse initiative de paix, conditionnant la reconnaissance d’Israël à la création d’un État palestinien. Son jeune et bouillonnant héritier MBS, serait davantage enclin à franchir le Rubicon. À suivre donc.

Au final, le grand gagnant de ces accords est Benyamin Netanyahu : il peut se prévaloir d’un succès diplomatique qui n’avait pas été vu depuis 26 ans. Un succès diplomatique engrangé sans réelle contrepartie - un simple report de sa volonté d’annexer 30% supplémentaires de la Cisjordanie.

À lire aussi : Les Palestiniens font entendre leur colère après les accords Israël-Émirats-Bahreïn

Et, il peut donc proclamer que ces accords marquent une nouvelle étape de la réconciliation d’Israël avec le monde arabe en général - en excluant les Palestiniens en particulier, relégués au rang de question subalterne. Et c’est là le problème : pour Netanyahu, c’est un succès dans l’immédiat, mais pour le peuple israélien, à long terme, rien n’est rien réglé avec leurs plus proches voisins, les Palestiniens.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.