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Chronique des médias

Nous sommes tous Charlie

Audio 02:45
Une peinture murale de l'artiste français Christian Guémy, connu sous le nom de C215, en hommage aux membres du journal «Charlie Hebdo» qui ont été tués par des hommes armés en janvier 2015, rue Nicolas-Appert à Paris.
Une peinture murale de l'artiste français Christian Guémy, connu sous le nom de C215, en hommage aux membres du journal «Charlie Hebdo» qui ont été tués par des hommes armés en janvier 2015, rue Nicolas-Appert à Paris. AFP/Stéphane de Sakutin

Retour sur l’appel en faveur de la liberté d’expression initié par Charlie Hebdo et signé cette semaine par plus d’une centaine de médias, publié quelques jours avant l’attaque à Paris près de l’ancien siège de Charlie Hebdo.

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L’attaque a fait deux blessés graves vendredi 25 septembre, à Paris, devant l’ancienne adresse de Charlie Hebdo, rue Nicolas-Appert, à l’endroit même où a eu lieu l’attentat de 2015. Il s’agit de deux employés de la société Premières Lignes, qui produit l’émission Cash Investigation, sur France 2. Et ce n’est peut-être pas un hasard : en voisin de Charlie Hebdo, un salarié de cette société de production avait déjà filmé il y a cinq ans les attentats de Charlie. Le parquet national antiterroriste, qui a été saisi, devra établir ou non le lien entre les deux affaires.

Quoi qu’il en soit, la menace terroriste contre la liberté de blasphémer, de caricaturer une religion ou d’informer reste réelle en France. En plein procès des attentats de janvier 2015, la directrice des ressources humaines de Charlie Hebdo a elle-même été obligée d’être exfiltrée par ses officiers de sécurité à sa sortie du palais de justice où elle venait de témoigner. Pas question de rentrer chez vous, lui a-t-on dit, c’est trop dangereux. C’est aussi ce qui a conduit Charlie à lancer cette lettre ouverte en faveur de la liberté d’expression. Qu’il ait été suivi par plus de cent médias français est encourageant alors même que Charlie se plaignait que certains journaux n’aient pas republié les caricatures du prophète Mahomet, comme l’a fait l’hebdo satirique.

Une violence des mots qui s’est peu à peu muée en violence physique

Cet appel intitulé « Ensemble défendons la liberté », seul l’AFP ne l’a pas signé en tant qu’agence internationale et afin de ne pas exposer la vie de ses journalistes et correspondants dans les pays islamiques. Il est fait état d’une violence des mots qui s’est peu à peu muée en violence physique avec des menaces de mort sur les réseaux sociaux, des médias pris pour cible par des organisations terroristes et des États qui exercent des pressions sur des journalistes « coupables » d’avoir publié des articles critiques.

Sur le premier danger, on pense à la blogueuse Mila qui a été menacée de mort en début d’année après avoir insulté l’Islam. Sur le deuxième, on songe bien sûr à Charlie qui été en proie à de nouvelles menaces après la republication des caricatures. Mais sur le dernier point sont visés les pays qui tentent d’intimider les rédactions françaises. On l’a vu récemment avec l’Algérie lorsqu’un journaliste correspondant de TV5 Monde, Khaled Drareni, a été condamné à deux ans de prison ferme ou quand M6 n’est plus autorisé à se rendre dans ce pays après un documentaire qui a déplu sur le Hirak, le mouvement de contestation populaire.

La lettre est une façon de dire que tous les médias français, quelles que soient leurs opinions, sont unis dans la défense de la liberté d’expression. En cela, ils demeurent tous Charlie.

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