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Après la marée noire à Maurice, inquiétudes pour la biodiversité

Audio 02:35
Maurice fait face à sa plus grave catastrophe écologique de son histoire. Un déversement d’hydrocarbures a affecté le sud-est de l’île.
Maurice fait face à sa plus grave catastrophe écologique de son histoire. Un déversement d’hydrocarbures a affecté le sud-est de l’île. AFP
Par : Florent Guignard
7 mn

Deux mois après le naufrage d’un navire japonais à Maurice, premier état des lieux des conséquences de la marée noire sur la biodiversité. Il faudra plusieurs mois pour évaluer l’impact des 1 000 tonnes de fuel déversées sur la barrière de corail. Sur terre aussi, la marée noire pourrait avoir des répercussions, en particulier pour deux espèces d’oiseaux déjà en danger.

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L’eau du lagon a la couleur bleu pétrole. Deux mois après la marée noire qui a touché Maurice, dans l’océan Indien, « on retrouve parfois du produit pétrolier en surface », témoigne Vikash Tatayah, directeur de la conservation à la Mauritius Wildlife Foundation, une ONG qui œuvre pour la sauvegarde la biodiversité sur l’île Maurice. Joint sur l’île aux Aigrettes, l’un des sites les plus touchés par la naufrage du navire japonais Wakashio, Vikash Tatayah décrit aussi du fuel qui « s’est incrusté dans le sable ». Le sable blanc légendaire des plages mauriciennes est parfois gris, l’eau turquoise parfois irisée.

« J’ai pleuré, ça fait mal au cœur »

Quand le 25 juillet dernier, plus de 1 000 tonnes de fuel ont commencé à se déverser dans la mer et sur les côtes, la population, traumatisée, s’est mobilisé pour sauver son patrimoine dans un pays où le tourisme et la pêche sont les principales ressources. « Le premier jour, quand je suis arrivée, j’ai pleuré, raconte une Mauricienne rencontrée à l’époque par le correspondant de RFI Abdoulaye Earally. Je ne vais pas vous mentir, ça fait mal au cœur. Alors nous sommes là, pour essayer de faire ce qu’on peut faire. »

Se retrousser les manches, nettoyer les plages, éponger le mazout. Mais attention, prévient Vikash Tatayah, « un nettoyage intensif peu rendre stérile la surface, et empêcher la recolonisation des algues et des mollusques ». Bonne nouvelle, la nature peut parfois se refaire elle-même une beauté. « Il y a des microbes dans la nature, qui vont digérer le produit pétrolier au gré des vagues et des vents. Mais ça peut parfois prendre des mois, des années… »

Des espèces endémiques menacées

Cela prendra du temps, et il faudra du temps pour faire un bilan complet de la catastrophe. Pour l’heure, dans la zone sinistrée, la pêche est interdite. Le corail, un animal, a blanchi à certains endroits, incapable de se nourrir faute de zooplancton. Le fuel a souillé la mer et l’a troublée. La turbidité de l’eau empêche la lumière de passer. C’est tout l’écosystème marin qui est bouleversé.

Sur terre aussi, la marée noire a des conséquences. Pour la mangrove et sa végétation qui pousse les pieds dans l’eau. Et donc aussi pour les insectes, les chauves-souris et les oiseaux, comme l’explique Vikash Tatayah. « Certains de nos oiseaux, surtout l’oiseau à lunettes et le cardinal de Maurice, se nourrissent d’insectes mais aussi du nectar des fleurs. Si la chaine alimentaire est affectée, on pense que ça va perturber nos oiseaux et que la reproduction pourrait être affectée. » L’oiseau à lunettes et le cardinal de Maurice sont deux espèces endémiques, déjà en danger – seuls quelques centaines de couples subsistent. S’ils disparaissent de Maurice, ils disparaissent de la planète.

La question de la semaine

« Je pleure chaque fois que je découpe un oignon. Suis-je un garçon sensible ? »

Peut-être... Mais nous sommes en fait tous égaux face à la mort d'un oignon. Nous réagissons tous de la même manière : en larmes. Mais ce n'est pas notre cœur qui parle, c'est une réaction chimique. L'oignon, quand on l'attaque, libère une enzyme, pour créer au contact de ses composants sulfatés un gaz lacrymogène. Utile pour éloigner les prédateurs.

Des chercheurs japonais tentent de mettre au point un oignon garanti sans larme en neutralisant le gène responsable. Mais la plante ne donnant de graines que tous les deux ans, son élaboration prend du temps. En attendant, chaque fois qu'on vous demandera pourquoi vous pleurez, vous répondrez : c'est pas tes oignons !

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