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Reportage international

Présidentielle en Bolivie: l'opposition appelle à voter contre le Mas, le parti d'Evo Morales

Audio 02:28
Parade de fermeture de campagne à Santa Cruz de Luis Fernando Camacho, le troisième homme des élections générales en Bolivie.
Parade de fermeture de campagne à Santa Cruz de Luis Fernando Camacho, le troisième homme des élections générales en Bolivie. RFI/Oriane Verdier

Les Boliviens voteront dimanche pour élire leur président tout comme leurs députés, un an après les dernières élections entachées de fraudes et qui ont mené à d’importantes manifestations contre l’ancien président réélu Evo Morales contraint à l’exil. Aujourd’hui, les deux principaux candidats d’opposition, eux, appellent à voter contre son parti le MAS, mouvement vers le socialisme. La stratégie est de mobiliser contre l’ancien président Evo Morales. Reportage de notre envoyée spéciale à Santa Cruz, en Bolivie.

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Sur la place centrale de Santa Cruz, Manuel est assis sur un banc, le regard dans le vide. Au sujet du vote de dimanche, le jeune homme semble être tout aussi perdu. « Je ne pourrai pas vous dire pour qui je vais voter. L'ancien gouvernement du MAS affirme qu'il respectait les lois, mais ce n'est pas vrai. Moi je soutiens un autre parti celui de Chi, c'est celui qui me convainc. Mais le candidat Carlos Mesa est celui qui a le plus de soutien. Il est la seule option pour l'instant pour battre le MAS. »

Le deuxième candidat dans les sondages, Carlos Mesa, appelle ainsi les électeurs à voter utile. Voter pour lui en rejet du MAS. Mais il y a encore une troisième option.

Le vote courageux appeler par Creemos, le parti de Luis Fernando Camacho, le troisième candidat de la campagne. Plus conservateur et plus en rupture avec le MAS que Carlos Mesa. Vendeur ambulant Jose est décidé : son vote ira à Camacho. « Je suis ici pour Camacho, je veux que Camacho soit président. Nous voulons du changement. Le MAS nous a gouverné pendant 14 ans et puis Mesa a déjà été président et il a démissionné. Ceux qui démissionnent, ce sont des lâches. Il aurait dû rester jusqu'au bout. Alors aujourd'hui nous voulons un renouveau politique et c'est ce que représentent ces jeunes. C'est ça le vote courageux. »

Malgré tout le candidat du MAS d’Evo Morales reste en tête des sondages face à l’incapacité de l’opposition de s’unir, nous explique le politologue Jose Luis Andia. « Ils sont partis du principe que le MAS ne pouvait pas avoir plus de 20-25% des votes. Si cela avait été vrai, il n'y avait pas de problème pour l'opposition à laisser le MAS remporter le premier tour, pour que les forces s'unissent ensuite autour du deuxième candidat au second tour et enfin former un gouvernement de coalition. Mais le Mouvement vers le socialisme semble pouvoir avoir plus que 20%, eux pensent même arriver à 40% et ainsi remporter les élections au premier tour. Ça change donc la stratégie. J'ai par exemple des amis qui sont à mort contre le MAS et qui n'aiment pas non plus Carlos Mesa. Mais ils ont à peu près mon âge, ils ont des entreprises. Nous sortons tout juste d'une crise politique et d'une crise sanitaire ce qui a fini de mettre l'économie à terre. Donc ces gens-là ont besoin d’une certaine stabilité et c'est cela qu'ils vont prioriser en votant utile pour Mesa, c'est un vote pratique. »

Ce dimanche les Boliviens éliront également leurs députés et sénateurs. Il reste très incertain que le président élu au premier ou au deuxième tour remporte une majorité forte à l’Assemblée nationale.

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