Accéder au contenu principal
Afrique économie

Côte d'Ivoire [Série]: Coup de pouce au prix payé aux planteurs de cacao

Audio 02:13
La Côte d’Ivoire compte environ un million de producteurs et le cacao y fait vivre, directement ou indirectement, entre un quart et un tiers de la population.
La Côte d’Ivoire compte environ un million de producteurs et le cacao y fait vivre, directement ou indirectement, entre un quart et un tiers de la population. REUTERS/Thierry Gouegnon
Par : Stanislas Ndayishimiye
6 mn

Premier producteur mondial de cacao, la Côte d’Ivoire et son voisin le Ghana et deuxième producteur mondial ont promis l’année dernière d’augmenter le prix payé aux planteurs, en instaurant, après concertation avec les multinationales du chocolat, un « Différentiel de Revenu Décent », de 400 dollars par tonne de cacao. Résultat, le 1er octobre, la Côte d’Ivoire a officiellement fixé le prix payé aux planteurs à 1 000 francs CFA le kilo de fèves, pour la campagne 2020-2021, soit une augmentation de 21%. Un coup de pouce important, mais pas suffisant pour changer considérablement les conditions de vie des producteurs.

Publicité

Au campement de Nglobo, dans la région de Divo Nord, Elias Nguessan Konan doute. « Nous on est là, on fait les produits, mais les gens ne nous les achètent pas bien. On nous a dit aujourd’hui 1 000 francs, mais on ne sait pas combien ils vont nous payer. Peut-être qu’ils vont venir nous donner un prix inférieur à 1 000 francs. On ne sait pas… »

Mais comme nous sommes en début de campagne, Elias ajoute que « si quelqu’un venait nous dire qu’il va acheter le cacao à 800 francs, personnellement je n’accepterai pas. »

Sur l’exploitation, Elias a pris la suite de son père décédé il y a 20 ans. Dans les quelques maisons du campement, de facture modeste, vivent 38 personnes. Mais avec les seuls revenus que lui procure le cacao, il lui est impossible d’améliorer les conditions de vie de sa famille. « J’aimerai avoir une grande cour, une maison en dur… Mais, mes revenus ne peuvent pas me permettre d’agrandir ma cour. »

Des villages qui manquent de tout

À une dizaine de kilomètres du campement d’Elias, se trouve le village de Yaokro, où les planteurs se plaignent de l’absence de centre de santé et de bonnes conditions pour la scolarisation de leurs enfants. Sinkoné Saydou est l’un d’eux. « Il n’y a pas d’hôpital. Nous devons aller à 14 km et c’est fatiguant. Et pour l’école, nous ne trouvons pas d’enseignants. Quand un maître vient, il dit qu’il n’y a pas d’électricité et il s’en va. »

Planteur de cacao depuis 28 ans, Yacouba Dembélé note tout de même une évolution de ses conditions de vie, même si elle est lente. « Aujourd’hui, je peux scolariser mes enfants et manger à ma faim. Sur cet aspect, je peux dire que ça va mieux. »

Même son de cloche pour Émile Tio. Il produit du cacao depuis 22 ans. « Je gère certains problèmes de la famille, je m’occupe de mes petits frères et de mes propres enfants, qui vont aujourd’hui à l’école. Chez nous, quand tu es chef de famille – la grande famille-, tu t’occupes de tout. Mais Dieu merci, je peux subvenir à ces besoins. »

Mais certains planteurs ne scolarisent pas tous leurs enfants. À côté de nous, un réparateur de motos et Koniba Traoré, un petit garçon de 11 ans, qui n’a jamais été à l’école. Yacouba Dembélé connaît ses parents.
« Ses parents n’ont pas pu l’inscrire à l’école, donc il apprend la mécanique avec notre jeune frère-là. Il a un petit frère qui va à l’école ; par manque de moyens, les parents ont préféré envoyer un enfant à l’école, l’autre reste à la maison. »

Début octobre, les intermédiaires n’avaient pas encore commencé à acheter les fèves. Conséquence : la majorité des élèves fréquentant les établissements privés n’allaient pas encore à l’école, alors que la rentrée a eu à la mi-septembre.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail

Page non trouvée

Le contenu auquel vous tentez d'accéder n'existe pas ou n'est plus disponible.