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Chronique des matières premières

Kenya: le mirage pétrolier

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Puit de pétrole dans le nord-ouest du comté de Turkana (photo non datée).
Puit de pétrole dans le nord-ouest du comté de Turkana (photo non datée). AFP/HO/Tullow Oil PLC

Le Kenya se rêve en producteur de pétrole depuis la découverte de réserves estimées à 560 millions de barils en 2012 dans la région du Turkana, dans le nord. La société britannique Tullow avait été choisie pour gérer la production, et les premiers barils sont sortis de terre en juin 2018. Mais depuis un an, le projet a connu une série de coups d’arrêt.

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Le rêve d’or noir s’est transformé en mirage pour le Kenya. Depuis des mois, le pays accumule les obstacles et son rêve de grandeur sur le marché du pétrole s’est brutalement arrêté.

Les ennuis ont commencé en décembre, lorsque Tullow a annoncé des résultats d’exploration décevants en Guyane et une production plus faible que prévu au Ghana, son marché principal. Des mauvaises nouvelles qui ont conclu une année noire pour Tullow, dont l’action a chuté de 64%, avec en prime la démission du directeur général et du directeur d’exploitation.

Désengagement

Mais 2020 s’est révélée encore pire, en tout cas pour le projet kényan. Les mauvaises conditions météo dans le Turkana ont détruit une partie des routes utilisées par les camions transportant l’or noir vers la côte. Tullow a dû suspendre les convois.

La société a alors dû faire un choix. Étant donné les pertes de 2019, et les investissements nécessaires, notamment la construction d’un pipeline de 900 km, pour augmenter la cadence d’un projet encore jeune, la multinationale a annoncé le début de son désengagement. Tullow a déclaré vouloir réduire ses parts dans l’exploration de plusieurs blocs, s’ensuit l’annonce d’un plan social afin de réduire les coûts.

Cas de force majeure

Un malheur n’arrivant jamais seul, le Covid-19 a débarqué, enterrant un peu plus le projet. En août, Tullow a envoyé une note au gouvernement, annonçant un cas de force majeure l’empêchant d’honorer sa part de contrat. Une note finalement retirée après des concessions de Nairobi et notamment une réduction d’impôts. Au final, le ministre du Pétrole a dû se résoudre à annoncer que les espoirs de devenir exportateur en 2022 pourraient être repoussés à 2024.

Désormais, l’heure est à la réflexion. Le pétrolier britannique a lancé un réexamen du projet kényan, et doit soumettre un plan de développement fin 2021. Le gouvernement lui estime que si Tullow veut partir, elle peut toujours vendre ses parts. Nairobi chercherait notamment des partenariats avec des multinationales plus grosses comme Total ou Shell. Mais qui voudra remplacer Tullow ? Alors qu’elle n’a jamais réussi à céder ses actifs dans les blocs d’exploration. Son directeur Kenya a en tout cas été remercié et quittera ses fonctions à la fin de l’année.  

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