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L'Afrique se laisse séduire par la télévision en streaming

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Netflix, «pour l’instant grand gagnant des batailles du streaming», selon un analyste, dit voir la concurrence comme quelque chose de positif.»
Netflix, «pour l’instant grand gagnant des batailles du streaming», selon un analyste, dit voir la concurrence comme quelque chose de positif.» REUTERS - Dado Ruvic

Premier volet d'une série de deux sur la télévision en Afrique: le streaming et la vidéo à la demande tracent peu à peu leur chemin en Afrique. Si la télévision classique et la TNT ont encore une longueur d’avance, les plateformes de diffusion en continue décollent. Et le marché est en pleine ébullition.

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À peine la TNT, la télévision numérique terrestre, est-elle arrivée en Afrique, qu’elle est déjà concurrencée par la télévision en diffusion continue, autrement dit le streaming. Toutes les grandes plateformes africaines, comme Multichoice ou Iroko, s’y mettent, sans compter l’arrivée en fanfare des géants américains, Netflix et Prime Vidéo.  Mais attention, qui dit streaming dit coût pour l’utilisateur. « Depuis le début, on a toujours dit que si le coût de l’Internet n’était pas intégré dans l’équation économique, jamais aucun utilisateur africain n’utiliserait ces services », explique Denis Pagnac, fondateur de Summview, qui conçoit des plateformes de streaming vidéo pour les chaînes de télévision ou les opérateurs téléphoniques. « Donc, il n’y a qu’en étant interconnecté avec l’opérateur et en ayant un accord spécifique avec lui que cela peut marcher. »

Les coûts et le manque d’infrastructure 4G en Afrique expliquent que les débuts du streaming vidéo sont encore lents. Pour Marie Beyer, analyste au cabinet d’analyse spécialisé Dataxis, « 3,5 à 4 millions d’abonnés sur les services de streaming payant, cela représente une pénétration sur la population d’environ 0,3 à 0,4 pourcent. »

Reste que le streaming a une recette pour gagner du terrain : le contenu local. La chasse aux productions africaines est ouverte. Et à ce jeu, les puissantes machines de guerre américaines écrasent tout sur leur passage.  « Je pense que c’est plus la force du budget de Netflix qui lui permet d’investir dans les contenus locaux et donc d’être attractif face à un Showmax ou un Multichoice, en Afrique du sud par exemple », poursuit Marie Beyer. 

Certains acteurs du streaming comme le producteur nigérian Ebony Life ont renoncé à leur plateforme pour vendre directement à Netflix. Mais le marché du streaming est encore un laboratoire. La formule gagnante reste à trouver et Denis Pagnac a mis au point une plateforme, Afritonix, pour tester les habitudes des consommateurs. « Cela nous permet de pouvoir explorer différents modèles économiques, aussi bien des modèles purement gratuits, partiellement gratuits avec publicité pré-roll ou post-roll [affichage en amont ou en aval de publicité durant un streaming], poursuit-il. Bref, un peu de tout. C’est ce que l’on met en place à des fins d’évaluation du marché. » Si le streaming n’en est pas encore à supplanter la télévision traditionnelle, l’avenir s’annonce pourtant brillant car, et nous le verrons demain, il a devant lui l’immense marché de l‘Internet mobile.  

► (Ré)écouter : Les chanteurs africains et le streaming

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