Afrique économie

L'écosystème du cinéma sénégalais en plein développement

Audio 02:20
Le producteur sénégalais Oumar Sall.
Le producteur sénégalais Oumar Sall. AFP/Odd Andersen

L'industrie cinématographique sénégalaise est en pleine renaissance depuis une dizaine d'années. Le secteur se professionnalise et développe ses filières d'apprentissage. Ainsi, le producteur Oumar Sall a lancé en 2013 Upcourt-métrages, une formation de dix mois aux métiers du cinéma et de la production. La quatrième promotion vient de présenter son travail, six courts-métrages de fiction.

Publicité

« Je dis souvent qu'un producteur, c'est celui qui dit ‘donne-moi une idée, j'en ferai une économie’ ». Oumar Sall est non seulement un producteur avisé, qui finance les films à succès d'Alain Gomis ou de Mati Diop, c'est aussi un homme d'affaires qui veille au développement de son industrie, et des sociétés de productions. « On ne peut pas dissocier l'aspect créatif de son industrie », dit-il.

En 2013, il a créé Upcourt-métrages, une formation aux métiers du cinéma. Les étudiants, environ vingt par promotion, viennent de toute l'Afrique et apprennent les divers aspects de cette industrie culturelle. « C’est-à-dire que les producteurs, les réalisateurs, tout le monde apprend à manipuler et comprendre la caméra, les valeurs de plan, etc. Ils sont initiés à tous ces niveaux, jusqu'au casting d'actorat pour les comédiens, la direction artistique. ce qui fait que nous enseignons de l'écriture en passant par la réalisation, jusqu'à la distribution d'un film », explique Oumar Sall.

Depuis l'an dernier, Upcourt-métrages s'est ouverte aux métiers de la production. Le Béninois Arnold Setohou fait partie de la première promotion de producteurs. Il a créé depuis New Directions Films à Cotonou. Pour lui l'avenir de l'industrie cinématographique africaine passe par les réseaux de jeunes producteurs. « Chaque édition, c'est un ensemble de réseau qui se tisse, parce qu'il y a plusieurs nationalités, explique-t-il. Et je pense que dès que l'on arrive à installer ce type de réseaux beaucoup de choses pourront se faire. Donc cela me rassure par rapport à l'avenir. »

Mais l'industrie cinématographique doit encore souvent avancer avec des béquilles pour tenir debout. Ainsi, l'écosystème du cinéma au Sénégal repose en partie sur un guichet public de financement mis en place par les autorités dès 2002, le Fopica – le Fonds de promotion du cinéma et de l'audiovisuel.  « L'installation du Fopica a fait prendre conscience qu'un cinéma ne doit pas seulement être un cinéma de cinéastes, ce que l'on a toujours été, mais qu'il fallait fabriquer une véritable industrie cinématographique » assure Baba Diop qui enseigne l'histoire du cinéma pour Upcourt-métrages.

Découvreur de talents, Upcourt-métrages ambitionne de participer à la structuration d'une industrie créatrice d'emplois et de richesse et qui commence en Afrique francophone à intéresser les plateformes internationales de type Netflix ou Amazon.

NewsletterRecevez toute l'actualité internationale directement dans votre boite mail