Chronique des matières premières

L’Inde fournit la Chine rivale en riz pour la première fois en 30 ans

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Une femme étale du riz pour le séchage dans une rizerie à la périphérie de Kolkata, en Inde.
Une femme étale du riz pour le séchage dans une rizerie à la périphérie de Kolkata, en Inde. REUTERS/Rupak De Chowdhuri

Le contentieux frontalier entre Pékin et New Delhi n’empêche pas le commerce. Pour la première fois en trente ans, la Chine achète du riz à l’Inde, décidément le fournisseur le moins cher de la planète cette année. 

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La Chine vient d’acheter 100 000 tonnes de brisures de riz à l’Inde pour livraison entre décembre et février prochain. Une première en près de trente ans. Toutes ces années, la Chine invoquait des raisons de qualité insuffisante du riz indien. Mais la diplomatie était avant tout en cause, les relations entre New Delhi et Pékin n’ont jamais été au beau fixe.

Fournisseurs traditionnels de la Chine absents

Cette année, malgré les affrontements meurtriers à la frontière himalayenne entre les deux géants asiatiques, la Chine s’est laissé tenter par le riz indien. Sa production stagne. Et ses fournisseurs traditionnels, Thaïlande, Vietnam, Birmanie, Pakistan n’ont pas de quoi exporter à bon prix, leur récolte a été mauvaise. Avec seulement 6 millions de tonnes vendues à l’étranger cette année, la Thaïlande autrefois premier exportateur mondial devrait être doublée non seulement par l’Inde mais aussi par le Vietnam.

L’Inde pourrait remporter son pari

L’Inde, en revanche, a beaucoup de stocks à écouler : 30 millions de tonnes d’excédents, 50% de plus qu’il y a encore deux ans. L’Inde pourrait réussir son pari d’en exporter 14 millions de tonnes, un record, avec la bénédiction des autorités de New Delhi. Ce riz grandement subventionné, puisque qu’une partie des réserves pour les Indiens pauvres est chargée dans les cargos, est à un prix imbattable : 300 à 350 dollars la tonnes, contre 465 à 500 dollars pour les riz thaïlandais ou vietnamiens de même qualité.

Philippines, Indonésie et Afrique également aux achats

« Acheter du riz indien est donc une opportunité pour la Chine », résume Patricio Mendez del Villar, économiste du riz au CIRAD. Elle n’est pas la seule à profiter de l’aubaine puisque les Philippines, l’Indonésie et l’Afrique se fournissent comme jamais en riz auprès de l’Inde, dont les grains blancs constitueront cette année la moitié des importations africaines.

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