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Chronique des matières premières

Sénégal: les perspectives d’exploitations gazières et pétrolières face au Covid-19

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Vue de Dakar (image d'illustration).
Vue de Dakar (image d'illustration). © Wikimedia Commons CC0

Quel est l'impact de la crise du coronavirus – à court terme -, et de la transition énergétique - à long terme - sur la future exploitation gazière et pétrolière au Sénégal ? Le pays s’apprête à faire son entrée dans le club des pays producteurs. Mais selon un récent rapport, les prévisions pour le secteur offshore pourraient être remises en question. Les acteurs restent optimistes.

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« La grande incertitude »… voire « la douche froide »… en ce mois de décembre, la presse sénégalaise a relayé les conclusions d’un rapport publié par Open Oil. Pour cette société de conseil basée en Allemagne, dans un contexte de « baisse structurelle des prix » des hydrocarbures dans le monde, « le secteur offshore n’apportera aucune contribution significative aux finances publiques du Sénégal », « les recettes atteindront à peine 2% du budget annuel, uniquement à partir des années 2030 », et « les revenus du pétrole et du gaz ne peuvent pas alléger la dette publique du pays »

Deux projets sont en cours de développement au Sénégal : le champ gazier de Grand Tortue, partagé avec la Mauritanie, exploité par le géant britannique BP, et le champ pétrolier de Sangomar, piloté par la société australienne Woodside. Les premiers mètres cubes de gaz et barils d’or noir, prévus en 2022, sont désormais attendus en 2023 après des retards opérationnels liés à la crise sanitaire.

Mais le secteur offshore reste « un moteur de croissance » selon Demba Gaye, expert en énergies. Pour le chargé des relations avec les institutions à l’Institut National du Pétrole et du Gaz, « le rapport d’Open Oil n’a pas pris en compte la future production d’électricité à partir du gaz, qui permettra de réduire la lourde facture énergétique du Sénégal ».

Toutefois : la construction d’une usine de transformation du gaz en électricité représenterait un investissement d’au moins 5 à 10 milliards de dollars et mettrait des années avant d’être pleinement opérationnelle souligne un spécialiste du secteur. Mais Manar Sall, directeur général de Petrosen Aval renchérit : Ces ressources vont permettre « d’améliorer l’accès des populations à l’électricité ». De son côté, la filiale de la société nationale travaille notamment au développement de son propre réseau de stations-service.

Entre les perspectives pessimistes et optimistes, il faut garder la tête froide, estime pour sa part l’économiste Moubarack Lô. La production va-t-elle effectivement démarrer en 2023 ? « Vu le manque de visibilité, personne ne peut répondre à cette question » selon lui. L’essentiel, souligne-t-il, est de développer un véritable écosystème industriel, avec des emplois à la clé autour du gaz et du pétrole, « plus important que les ressources en elles-mêmes ».

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