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Chronique des matières premières

La vague de froid de l’hémisphère Nord retourne complètement le marché gazier

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Un méthanier de GNL (gaz naturel liquéfié) arrive dans un port de Yokohama, au sud-ouest de Tokyo, au Japon. (Image d'illustration)
Un méthanier de GNL (gaz naturel liquéfié) arrive dans un port de Yokohama, au sud-ouest de Tokyo, au Japon. (Image d'illustration) © AP - Koji Sasahara/Photo d'archive

L’arrivée soudaine de l’hiver en Asie et en Europe entraîne des pénuries de gaz, du Pakistan au Japon. Les prix spot du gaz naturel liquéfié sont propulsés à des niveaux record, alors qu’ils étaient au plus bas en mars 2020, à cause du Covid-19. Les producteurs de GNL ont pour la première fois réduit leur production estivale.

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La vague de froid de l’hémisphère Nord retourne complètement le marché gazier. La chute des températures a surpris nombre de pays d’Asie, très dépendants des importations de gaz naturel liquéfiés et qui n’avaient pas pris leurs précautions. Le gaz était si bon marché depuis mars dernier sur le marché spot, que les pays importateurs pensaient continuer à l’acheter au fur et à mesure de leurs besoins. Il y a deux mois, l’Inde avait même renoncé à son accord d’approvisionnement à long terme avec Tellurian. Aujourd’hui elle peine à se fournir.

L’Inde et le Pakistan avaient renoncé aux contrats de long terme

Même chose au Pakistan voisin. Le pays subit une véritable pénurie de gaz et donc d’électricité, qui se transforme en crise politique. La population a recours au fuel et au bois pour la cuisson et le chauffage. Même le Japon qui importe tout son gaz liquéfié par bateau, en manque aussi pour ses centrales électriques, alors que ses réacteurs nucléaires ne fonctionnent toujours pas à plein.

Tout le monde veut du GNL, alors qu’il n’y en a plus sur le marché. Pour la première fois de leur histoire, en effet, les unités de liquéfaction de gaz, de l’Australie aux États-Unis, se sont arrêtées cet été pour limiter les excédents et les pertes financières, après le plongeon des prix spots au mois de mars à cause du Covid.

Produire moins pour gagner plus, nouveau mantra de l’industrie du GNL

« Sur 150 milliards de m3 de capacités gazières non utilisées dans le monde, 50 milliards de m3 ont été mis entre parenthèses par les producteurs de GNL, soit l’équivalent de la consommation française, souligne le spécialiste du secteur Thierry Bros. C’est un nouveau modèle pour l’industrie du GNL : produire moins pour gagner plus. En ne produisant pas cet été, ils ont effacé l’effet coronavirus. Ils auraient produit cet été on n’aurait pas les prix élevés que l’on a aujourd’hui. »

Un avertissement pour les pays importateurs

En Asie le million de Btu atteint en effet 25 dollars contre moins de 2 dollars en mars dernier ! Les méthaniers sont introuvables à moins de 200 000 dollars la journée, trois à quatre fois plus qu’il y a 4 mois, observe de son côté l’expert Pierre Terzian. Des anomalies de prix qui ne vont pas durer, juge-t-il, mais qui sont un avertissement que le marché spot ne peut pas résoudre tous les problèmes. Or aujourd’hui, il représente, avec les contrats de moins de trois ans, 25% du marché gazier mondial, c’est beaucoup. Alors que la part des contrats à long terme n’est plus que de 75%.

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