Chronique des matières premières

Trois banques européennes arrêtent de financer le négoce du pétrole de l’Équateur

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Trois banques européennes ont annoncé qu’elles ne financeraient plus la commercialisation du pétrole équatorien de la région d’Amazonie.
Trois banques européennes ont annoncé qu’elles ne financeraient plus la commercialisation du pétrole équatorien de la région d’Amazonie. © AP/Dolores Ochoa

C’est un précédent qui pourrait faire tache d’huile. Trois grandes banques européennes, BNP Paribas, Credit Suisse et ING, annoncent qu’elles ne financeront plus le négoce du pétrole de la région d’Amazonie en Équateur. Les institutions financières étaient sous la pression des ONG environnementales depuis l’été.

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Les investisseurs avaient déjà tendance à se détourner du financement des projets d’extraction d’énergies fossiles. Un nouveau pas est franchi, sous la pression des défenseurs de l’environnement : le financement du négoce de pétrole extrait de régions à l’écosystème fragile a du plomb dans l’aile à son tour.

Trois banques européennes et pas des moindres ont annoncé qu’elles ne financeraient plus la commercialisation du pétrole équatorien de la région d’Amazonie : la française BNP Paribas, Credit Suisse et la banque néerlandaise ING. Elles faisaient partie des six banques pointées du doigt depuis août dernier dans un rapport de Stand Earth et Amazon Watch, parce qu’elles finançaient l’achat de pétrole extrait de la région amazonienne de l’Équateur. Un pays d’Amérique latine qui projette de forer dans le Parc naturel de Yasuni, classé au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Peu de barils, mais un exemple

Dénoncée elle aussi, la banque néerlandaise Rabobank avait été la première à annoncer qu’elle stoppait le financement du négoce de brut équatorien en 2020. La banque suisse UBS s’était, elle, dite prête à dialoguer avec les ONG et à renoncer aux transactions lorsque l’origine du pétrole serait associée à des entorses aux droits de peuples indigènes ou à la protection du Patrimoine mondial.

Jusqu’à présent la banque française Natixis est restée de marbre. Elle aurait même, selon Stand Earth et Amazon Watch, doublé son financement pour le brut de la région au deuxième semestre 2020.

Il n’empêche, ce coup de frein au financement du négoce de pétrole équatorien est un précédent. S’il ne porte pas à conséquence en volume, à l’échelle du commerce mondial de brut, l’Équateur ne produisant qu’un demi-million de barils par jour (0,5% de l’offre pétrolière mondiale), il pourrait faire tache d’huile dans le négoce du pétrole issu d’autres régions du monde.

C’est évidemment une difficulté supplémentaire pour l’Équateur, qui utilisait l’argent du pétrole vendu aux raffineries des États-Unis, pour rembourser sa lourde dette à la Chine.

 

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