Chronique des matières premières

Les boîtes de conserve plombées par la hausse du prix des métaux

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Depuis plusieurs semaines les conserves coûtent plus cher à fabriquer.
Depuis plusieurs semaines les conserves coûtent plus cher à fabriquer. © CC0 Pixabay/Andres Saheimbecher

L’augmentation des prix du fer et de l’acier sur le marché mondial ces derniers mois touche de plein fouet les fabricants de boîtes de conserve et par ricochet les conserveurs français qui sont leaders sur le marché européen. Ils demandent aujourd'hui à la grande distribution de partager ces surcoûts.

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Des boîtes de concentré de tomates plus chères demain dans vos rayons de supermarché ? Ce n’est pas encore d’actualité, mais pas impossible non plus, car depuis plusieurs semaines les conserves coûtent plus cher à fabriquer ; de 5 à 8 % de plus selon les modèles, assure la Fédération française des industries d’aliments conservés. Sachant qu’une boîte vide peut représenter parfois la moitié du coût de celle qui ressort d’une conserverie, la pression sur les fabricants est loin d’être anecdotique...

À l’origine de leurs malheurs de ce début d’année, il y a la flambée des prix de l’acier, du fer et de l’aluminium sur le marché mondial. Des prix qui sont repartis en flèche au dernier trimestre 2020, grâce à une demande chinoise en forte hausse. L’acier conditionné en brames, c’est-à-dire en plaques très épaisses, a doublé entre mai et décembre.

Des records qui pèsent sur les conserveries

Pour la première fois depuis 2013, le prix moyen du minerai de fer a lui dépassé les 100 dollars la tonne. Ces records pèsent sur les conserveurs qui doivent supporter également de nouvelles charges financières liées au recyclage pour l’année 2021 avec ces contraintes, le risque c’est que les conserveries soient prises à la gorge.

Si elles doivent réduire leur marge pendant plusieurs mois, c’est autant d’investissement qu’elles ne pourront pas faire notamment pour répondre à de nouvelles normes. D’où leur appel aux distributeurs pour que soient partagés ces coûts qu’elles n’avaient pas l’année dernière. 

Les conserveurs ont jusqu’à fin février date de la fin des négociations avec la grande distribution française, pour être entendus. Faute de quoi à un moment donné, c’est le prix de la boîte de sardines qui pourrait augmenter.

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