Chronique des matières premières

Australiens et néo-zélandais se déchirent à propos du miel de Manuka

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Le miel de Manuka est le miel préféré des stars. Ses vertus sont vantées par l’actrice Gwyneth Paltrow ou par le tennisman Novak Djokovic et son prix peut atteindre plusieurs centaines d’euros le kilo.
Le miel de Manuka est le miel préféré des stars. Ses vertus sont vantées par l’actrice Gwyneth Paltrow ou par le tennisman Novak Djokovic et son prix peut atteindre plusieurs centaines d’euros le kilo. © Getty Images/iStock/LazingBee

La Nouvelle-Zélande est le premier producteur mondial de miel de Manuka, mais l’Australie aussi en fabrique de plus en plus, ce qui ne plait pas du tout aux Kiwis. Certains apiculteurs ont déposé plusieurs recours à travers le monde pour déposer le terme et en faire une appellation d’origine exclusivement néo-zélandaise.

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De notre correspondant à Perth,

Les Néo-Zélandais devraient-ils être les seuls à pouvoir produire du miel de Manuka ? C’est l’avis d’une partie des apiculteurs, qui ces dernières années ont déposé pas moins de sept recours pour obtenir une appellation d’origine sur le miel de Manuka, en Chine, aux États-Unis et devant l’Union européenne notamment. 

Leur argument central, c’est de rappeler que le terme Manuka est un mot issu de la langue maorie, et donc, que le miel de Manuka ne peut être que néo-zélandais. Les Kiwis en sont d’ailleurs les principaux producteurs mondiaux. Ils en ont exporté plus de 7 500 tonnes en 2019, un record absolu. Et malgré des volumes plus de dix fois inférieurs à la Chine, la Nouvelle-Zélande est même devenue en 2019 le premier exportateur mondial de miel en valeur… 

Tenter de réconcilier les apiculteurs de Nouvelle-Zélande et d’Australie

Mais en Australie, ou de nombreux apiculteurs produisent également ce miel, très rentable, on ne l’entend pas de cette oreille. Ils font valoir que les arbres que butinent les abeilles qui produisent ce miel, le leptospermum, est aussi une espèce endémique australienne et que l’on fabrique du miel de Manuka en Australie depuis les années 1840.

Si les Néo-Zélandais finissaient par obtenir gain de cause, ils craignent d’y perdre des millions de dollars et qu’il faille des années pour familiariser les clients avec un nouveau nom. Pour tenter de réconcilier les apiculteurs de ces deux pays, le ministre australien du Commerce a récemment proposé d’organiser un sommet pour aplanir les différences. Les Néo-Zélandais n’y sont pas opposés, mais la question centrale, celle de la protection du terme Manuka, n’est pour eux pas négociable. 

Les Australiens pensent pourtant que les deux pays auraient tout intérêt à unir leurs forces, en particulier pour mieux lutter contre les contrefaçons. Il se vend en effet dix fois plus de miel de Manuka dans le monde qu’il n’en est produit.

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