Chronique des matières premières

Cyberattaque sur Colonial Pipeline: le marché tient bon

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Des citernes de stockages de pétrole de l'entreprise Colonial Pipeline dans le New Jersey le 10 mai 2021.
Des citernes de stockages de pétrole de l'entreprise Colonial Pipeline dans le New Jersey le 10 mai 2021. AP - Seth Wenig

C'est un incident grave. L'attaque informatique sur la compagnie qui gère 9 000 km d'oléoducs aux États-Unis pourrait secouer les cours du brut. Mais pour l'instant sur les marchés, on semble parier plutôt sur une résolution rapide de la crise. 

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Tout est question de timing. Si les oléoducs de Colonial Pipeline reprennent du service rapidement, la cyberattaque aura révélé au grand jour la vulnérabilité du secteur énergétique, sans plus de conséquence sur les cours. Une vulnérabilité connue, puisque c'est loin d'être la première attaque du genre. Ce qui est nouveau c'est qu'elle a été rendue publique rapidement, et qu'elle touche un immense réseau d'oléoduc.

Le marché parie sur une reprise rapide

« À ce stade, ça ne devrait donc pas changer la face du marché mondial », résume Philippe Sébille-Lopez analyste énergétique indépendant au sein du cabinet Geopolia, « car les fondamentaux ne vont pas dans ce sens » : on parle en effet de transport de pétrole raffiné dans une zone géographique limitée, au sein même des États-Unis, alors que la référence la plus utilisée dans la négociation de contrats pétroliers est le Brent, du pétrole brut issu essentiellement de mer du Nord.

Autre donnée importante, explique le négociant d'une grande banque française : la sérieuse mobilisation des autorités américaines qui est vue comme un gage de résolution rapide de l'attaque informatique.

Une attaque qui arrive au début de la « driving season »

En revanche si le réseau d'oléoduc n'est pas remis en route d'ici quelques jours, les marchés pourraient alors répondre à la crise d'approvisionnement qui en découlerait. Avec explique notre interlocuteur, un affaiblissement du prix du barril américain ( WTI West Texas Intermediate ), puisque plusieurs raffineries de la région du Golfe du Mexique pourraient alors arrêter de fonctionner faute de pouvoir évacuer leur produit transformé.

Si l'histoire se complique, les prix à la pompe eux pourraient grimper car les stocks de carburant en ce moment sont très bas par rapport à la moyenne de ces cinq dernières années. Et ce dans une période de forte demande, puisqu'on entre dans la « driving season », la période de vacances qui emmène les américains sur les routes. Un mouvement qui pourrait s'amplifier cette année, après des mois de confinement.

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