Chronique des matières premières

Le manque d’oranges à jus risque de peser sur les prix

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La Floride est le premier fournisseur mondial de jus d'orange, avec les trois quarts du marché international.
La Floride est le premier fournisseur mondial de jus d'orange, avec les trois quarts du marché international. Getty Images/Adam Gault

La maladie en Floride, une mauvaise récolte au Brésil, et des stocks au plus bas : le marché de l’orange à jus pourrait devenir tendu dans les mois qui viennent. 

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Pour savoir si votre jus d’orange coûtera plus cher demain, il faut regarder en direction des États-Unis et du Brésil. Car la situation n’est pas brillante dans ces deux pays où se fait 60% de la transformation des oranges en jus concentré. Les pays de culture de l’orange de table notamment l’Espagne et l’Afrique du Sud ne sont eux pas soumis aux mêmes problématiques.

Ce qui fait le malheur des oranges à jus, c'est une maladie persistante, le Greening, qui a décimé les vergers de Floride ces dernières années. Au Brésil, le Greening est contenu, mais c’est la sècheresse qui fait des ravages. La campagne brésilienne qui commence ce mois-ci devrait être meilleure que l’année dernière, mais ce n’est pas difficile, car la précédente était mauvaise. 

Des stocks bas au Brésil

Ce qui fait deux années de faible production d’affilée, « un cas de figure assez rare », relève Eric Imbert chercheur au Cirad – Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement.

Le scénario est d’autant plus inédit, ajoute notre interlocuteur que les stocks ont aussi fondu au Brésil, premier transformateur mondial d'orange à en jus concentré. Les estimations brésiliennes donnent des stocks pour la fin du mois de juin à 270 000 tonnes contre 470 000 l’année dernière. Généralement, une année de stocks bas est vite contrebalancée par une grosse récolte derrière, ce qui ne sera pas le cas.

Ces deux ingrédients plaident pour une envolée des prix. Mais la faible demande vient tempérer cette hausse. Car la consommation de jus d’orange est en baisse aux États-Unis, pays qui fait office de boussole dans le secteur. C’est une tendance de fond bien ancrée, notamment parce qu’orange n’a pas bonne presse, et qu’elle est assimilée à un produit sucré plus qu’à un aliment « santé ». 

La tonne de concentré pourrait augmenter de 200 dollars cette année

La combinaison de ces trois facteurs annonce une lente remontée des cours qui se dessine déjà. En ce début d’année 2021, la tonne de concentré arrivée au port de Rotterdam, valait 1 800 dollars, elle vaut aujourd’hui autour de 1900. Et les experts l’attendent au-delà des 2 000 dollars d’ici la fin de l’année.

Le prix du concentré a souvent un impact direct sur celui du prix au détail. Une augmentation n’est donc pas exclue même si elle restera sans doute minime, à moins que les fabricants n’optent pour une nouvelle formule comme cela arrive, avec un dosage de concentré plus faible, une astuce qui leur permet de faire baisser leur facture et donc d'absorber l'augmentation du prix du concentré sans le répercuter sur le consommateur.

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