Reportage international

Corée du Sud: mise en place d'un revenu universel dans la région de Gyeonggi

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Une vue générale de Séoul, la capitale de la Corée du Sud.
Une vue générale de Séoul, la capitale de la Corée du Sud. © Kèoprasith Souvannavong / RFI

La Corée du Sud est l’un des pays les plus robotisés au monde. À l’horizon 2024, 15% des emplois devraient être automatisés. Alors, pour faire face à ce problème et ouvrir le débat sur la question, la région de Gyeonggi a mis en place une expérience de revenu universel unique en son genre. Reportage à Suwon.

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« Bonjour, j’ai 24 ans, je m’appelle Kim Ji Young. J’habite dans la province de Gyeonggi. » Comme 200 000 jeunes de son âge dans la région, Ji Yong bénéficie d’un revenu universel d’environ 190€ par trimestre, délivré à travers une carte de crédit de la province. Elle ne peut dépenser cet argent que dans des commerces locaux : « J’ai un travail, donc pour moi, c’est surtout pour acheter des choses à manger dans ce petit marché. Pour mes amis à la recherche d’emploi ou étudiants, c’est autre chose. Cela leur permet d’avoir une vie sociale, de rencontrer des gens dehors. Personnellement, ça a surtout changé mon mode de consommation. Avant, j’allais dans de grandes enseignes, maintenant, je recherche seulement des cafés locaux sur les réseaux sociaux. »

À quelques mètres de là, nous en trouvons un, de petit café local. Il est tenu par une dame d’une soixantaine d’années, souriante. Son établissement fait partie de la liste de bénéficiaires du programme : « Le système est très bien parce qu’il est centré sur l’économie locale. Mais pour le financement, c’est un peu flou. En tout cas, en ce qui me concerne, je suis plutôt satisfaite. Est-ce que vous  voudriez qu’il soit étendu à tout le pays ? Non je ne préfère pas. »

La crainte de cette dame, c’est celle que beaucoup Coréens expriment face à l’idée de Lee Jae-Myung. Le gouverneur de la province fait partie des favoris pour la prochaine élection présidentielle au printemps 2022 : « Les gens sont effrayés par l’idée, parce qu’elle est radicale et révolutionnaire. Nous commençons avec un petit groupe dans une région limitée, mais si nous prouvons que c’est une politique économique efficace, alors il sera bien plus simple de l’étendre à tout le pays. »

À l’entendre, il n’existe pas d’alternative au revenu universel : « Sans revenu universel, le marché capitaliste ne pourra plus fonctionner. Avec la quatrième révolution industrielle, nous sommes face à une offre trop importante et une demande trop faible pour l’absorber. Pour résoudre ce problème, il faut récupérer un certain pourcentage du profit excessif des conglomérats et le redistribuer pour augmenter les revenus, et donc la consommation. L’idée, c’est plus d’impôts pour plus de revenu universel. »

Lee Jae-Myung a évoqué la possibilité de verser 370€ par mois à tous les Sud-Coréens s’il accédait au pouvoir. Soit un budget de 220 milliards d’euros qu’il financerait à travers des taxes écologiques, sur les robots et sur l’immobilier. Selon une enquête parue en juin dernier, près de la moitié des Sud-Coréens serait favorable à la distribution d’un revenu de base.

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