Reportage international

Italie: les transformations de l’hôpital de Brescia pour mieux lutter contre le Covid-19

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L'unité de soin intensif de l'hôpital de Brescia, en Lombardie première région la plus touchée d'Italie, berceau de la pandémie en Europe.
L'unité de soin intensif de l'hôpital de Brescia, en Lombardie première région la plus touchée d'Italie, berceau de la pandémie en Europe. © Piero CRUCIATTI / AFP

La Lombardie en Italie, berceau de la pandémie en Europe… c’est là que les premiers cas européens ont été détectés et que le Covid-19 y a fait des ravages. La ville de Brescia, une des plus touchées, abrite l’hôpital des hospices civils qui ont accueilli jusqu’à 950 malades sur une journée en mars dernier. À l’heure où la vaccination apporte un espoir, RFI est allé voir ce qui avait changé dans le plus grand hôpital de la région.

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Le bâtiment 4 point zéro fait la fierté des hospices civils : 4 étages de haute technologie numérique et médicale entièrement dédiés au Covid, un héritage positif de la pandémie. Visite guidée avec le Dr Cristiano Perani.

« Le monitoring centralisé nous permet de suivre l’état du malade depuis n’importe quel étage du bâtiment. Ce qui permet au médecin d’accélérer les décisions y compris en cas d’urgence. »  Chambres entièrement vitrées, oxygène à haut débit : « L’air est entièrement renouvelé toutes les dix minutes. C’est une grande sécurité. » Cristiano en sait quelque chose il a été le premier soignant malade, en février dernier. 

Derrière les vitres, une infirmière refait un pansement, un patient a le nez sur son portable, un autre est sous assistance respiratoire. « On sent les signes d’une tension plus forte, notamment quand on regarde les passages aux urgences, et les demandes de transfert de patients. »

Le personnel résiste mais trouve le temps long. Cristina Orlandini est infirmière, elle se fait vacciner dans deux jours. « Maintenant je suis un peu fatiguée, ça fait 9 mois que nous travaillons beaucoup mais j’ai confiance que tout le monde se vaccine et on peut arrêter ça…  J’ai deux parents âgés quand j’y vais, j’ai toujours peur. »

L’Impact psychologique est clair et net acquiesce le professeur Francesco Castelli. « Ce n’est pas facile de soigner des malades seuls qui ne peuvent pas recevoir la visite de leurs parents. C’est triste de voir des gens mourir sans être près de leurs êtres chers, un mari, une mère, une épouse. Nous aussi on avait peur, on peut le dire. Et mi-mars, on ne voyait pas la fin. Toutes les deux ou trois minutes, une ambulance passait, jour et nuit, c’était comme un cauchemar. »

La pandémie a néanmoins appris beaucoup de choses, constate le virologue de renommée internationale : « Je pense que l’humanité doit savoir comment se confronter avec la nature de manière plus correcte. La pandémie est le résultat d’une infection qui passe du monde animal au monde humain. On a appris à travailler beaucoup plus ensemble, la hiérarchie entre chefs de service, médecins infirmières, aides-soignants, etc est beaucoup moins rigide qu’avant. Les différentes disciplines doivent travailler ensemble. Ça on l’a appris. On a aussi appris que la communication entre les malades, la famille et la société est essentielle. »

Ces changements doivent s’inscrire dans la durée ; le Covid ne va pas disparaître de sitôt. « Le virus sera avec nous les années qui viennent, ça il faut l’accepter. Maintenant la chose qui a changé c’est le vaccin. Il faudra des mois bien sûr, mais au moins il nous donne l’espoir d’avoir un moyen efficace. » 

D'après une enquête interne le taux d’adhésion à la vaccination du personnel de l’hôpital est de 75%. Francesco Castelli a été le premier vacciné ; et en une semaine près d'un quart des 8 000 employés du groupe hospitalier a reçu une première injection.

 

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