Reportage international

La Suisse au chevet de son chocolat

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Chocolats dans une vitrine à Zurich, en Suisse. (Photo d'illustration)
Chocolats dans une vitrine à Zurich, en Suisse. (Photo d'illustration) Getty Images - Grant Faint

À cause de la pandémie, les ventes de chocolat ont fondu comme neige au soleil en 2020. Moins de 10 kg par personne et par an. Cela paraît énorme mais en Suisse, c'est du jamais-vu depuis 40 ans. En cause, la fermeture des frontières bien sûr mais pas seulement. Quand le monde attend les vaccins, les chocolatiers suisses, eux, attendent plutôt le week-end de Pâques pour se refaire une santé.

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De notre correspondant à Genève,

Un chocolatier qui vend plus de glaces que de chocolat. C'est un peu la tendance en ce moment avec l'arrivée du printemps. Pâques arrive pourtant comme une bénédiction pour les professionnels. Après une année 2020 marquée par les confinements et l'annulation des tous les grands événements internationaux.

« Tous les bureaux étaient en télétravail ce qui veut dire que vous n'avez ni les employés de bureau, ni les touristes de passage, ni les touristes professionnels. Puisque toutes les conférences, les salons, festivals et autres ont été annulés », nous dit Nicole Rohr qui dirige l'une des plus vieilles chocolateries de Genève.

Prudence

Dans l'atelier, c'est l'effervescence. Il est temps de terminer les œufs et autres lapins en chocolat qui vont être vendus cette semaine. En temps normal, tout devrait être près depuis des jours déjà. Mais avec près de 50% de chiffre d'affaires en moins à Pâques l'an passé, le responsable de la production Damien, Bornens, préfère jouer la carte de la prudence.

« C'est très délicat pour nous, on ne sait pas vraiment comment va marcher la saison. On fait le jour pour le jour, on voit ce qui part dans les magasins et on refait. C'est un petit peu difficile pour l'organisation puisqu'on n'a pas notre stock habituel, mais au moins on aura quelque chose de frais cette année », nous explique le chocolatier.

Pour se rendre compte du manque à gagner pour les chocolatiers, le plus simple est encore de se rendre à l'aéroport de Genève. Le trafic y a baissé de près de 70% en un an. C'est autant de clients potentiels en moins. Sébastien Poulet gère les chocolateries Martel dans les halls de départ et d'arrivée. L'une des boutiques est désormais fermée. L'autre a vu ses ventes chuter de 90%.

« Quand on est dans un local commercial sur le site de l'aéroport où il y avait 17 à 18 millions de passagers par an et que l'on se retrouve avec au mieux 15 000 passagers sur quatre jours à Pâques – ce qui représente 15% du trafic habituel –, il est clair que l'impact est énorme », soupire Sébastien Poulet.

Un chocolat moins cher et moins suisse

Mais la fermeture des frontières n'explique pas totalement cette baisse de l'activité. La limitation des réunions privées à quelques personnes a aussi eu un impact direct sur les ventes de chocolat, estime Urs Furrer. Il dirige l'association qui représente les producteurs de chocolat.

« On a aussi observé un changement de catégorie de chocolat. S'il y a moins de contact social, on vend moins de produits que l'on mange ensemble et les simples tablettes sont restées plus ou moins stables », affirme-t-il.

En fait, les Suisses aiment toujours autant le chocolat. Simplement, avec la crise, ils l'ont acheté moins cher. Et pas forcément suisse. Les ventes de chocolat importés ont ainsi augmenté de 2% l'an passé.

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