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Revue de presse Afrique

À la Une : La main de Dieu tombe… sur Diego

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L'entraîneur de l'équipe nationale de football argentine Diego Maradona fait face aux journalistes alors qu'il arrive pour une conférence de presse à Marseille, dans le sud de la France, le mardi 10 février 2009.
L'entraîneur de l'équipe nationale de football argentine Diego Maradona fait face aux journalistes alors qu'il arrive pour une conférence de presse à Marseille, dans le sud de la France, le mardi 10 février 2009. AP - CLAUDE PARIS

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C'est le titre de Walf Quotidien au Sénégal : « Maradona, on l’a cru éternel », soupire le quotidien dakarois. « À l’heure où Diego est mort, hier, il y avait assurément quelqu’un sur la planète pour jongler, dribbler ou tirer. Tout bêtement, on se dit que tant qu’un ballon roule, le "palpitant" de Maradona doit palpiter avec lui. Qu’il ne pouvait pas mourir. Car El Diez (le numéro 10) était le foot. Pour ceux qui n’ont eu de Pelé que des réminiscences nourries par les pages jaunies des magazines et la beauté des textes de l’époque, vivre avec El Pibe était une extase. […] De Diego, il reste des images fantastiques, poursuit Walf Quotidien. Des matches qu’il a transformés en monde irréel. Avec lui, on pensait que le ballon était une prolongation de son corps et non un objet extérieur à sa propre dimension. Qu’il l’ait au bout de son pied gauche ou à l’extrémité de sa main ("la main de Dieu") on ne voyait qu’une excroissance naturelle de sa personne. »

« La planète football s’est arrêtée de tourner ce 25 novembre, soupire Tel Quel au Maroc. L’année 2020 aura emporté avec elle l’une des icônes du sport, Diego Armando Maradona, mort à l’âge de 60 ans. »

« Le génie s’en va à jamais ! renchérit GuinéeNews. Le monde du football est en deuil. L’idole de l’Argentine, génie du ballon rond, laisse ainsi en larmes les mordus du cuir. La disparition de Diego crée un grand vide au sein de la planète football. »

À la fois ange et démon…

Aujourd’hui au Burkina, rappelle que « très imprévisible sur et en dehors du rectangle vert, la légende argentine s’était parfois illustrée par ses excès comportementaux qui avaient quelque peu terni son parcours et obscurci ses prouesses et éclairs de génie. Maintes fois testé positif à la drogue, l’emblématique numéro 10 de l’Albiceleste était incontrôlable et incontrôlé. Habitué des frasques, celui qui par son toucher et ses contrôles était capable d’illuminer tout un stade et des millions de fans, ne passait jamais inaperçu. Doté d’un bagage physique au-dessus de la normale et d’une chevelure à la Che Guevara, Maradona, conclut Aujourd’hui, était unique et irremplaçable. »

Pour autant, relève L’Observateur Paalga, « Maradona, ce dieu vivant, a eu une relation ambivalente avec l’Afrique. Battu par le Cameroun au mondial 90, Maradona ne portait pas forcément le continent noir dans son cœur. […] Lors du Mondial 2018, relate le quotidien ouagalais, alors que le Nigeria tenait tête à l’Argentine, il va littéralement exploser dans les tribunes lorsque les Albiceleste prennent l’avantage 2 à 1. C’est alors que le légendaire Diego Maradona insulte les supporters africains en faisant un doigt d’honneur à la caméra. Un geste qui avait choqué tout le continent africain, mais qu'il le lui aura tout de même pardonné. »

L’Afrique pleure un magicien

Interrogé par le quotidien Enquête à Dakar, l’ancien international sénégalais El Hadj Diouf rend hommage à Maradona : « C’est le prophète du football qui est parti. Quand il m’a vu jouer, je ne sais pas comment il a eu mon numéro de téléphone, mais il m’a contacté pour me féliciter et m’encourager. Si je fais partie des 100 meilleurs joueurs du siècle, c’est grâce à lui, affirme El Hadj Diouf. Il s’est battu pour cela, alors qu’il n’est pas un Africain. C’est parce qu’il savait reconnaître et apprécier le talent de l’autre. Aujourd’hui, c’est le monde entier qui a perdu. Maradona procurait du bonheur à tout le monde. Il incarnait le respect. »

Finalement, conclut WakatSéra, « Diego Maradona était sans doute le footballeur le plus proche du magique football africain, de par ses gestes chaloupés et envoutants, ses dribbles dévastateurs, son centre de gravité bas et sa spontanéité dans le jeu. Même si les Lions camerounais, à l’époque où ils étaient encore indomptables, l’avaient dompté, le 8 juin 1990, en match d’ouverture du Mondial italien, qu’ils avaient remporté 1-0, grâce à un magnifique coup de tête de François Omam-Biyik, "la main de Dieu" n’avait pas fini d’émerveiller le monde entier par ses prouesses. […] L’Afrique, où le football est magie, comme en Argentine, pleure donc un magicien. Va l’artiste, s’exclame WakatSéra, car, malgré tes frasques, tu demeureras "la main de dieu", tu seras toujours ce dieu vivant du football qui sait tout faire avec un ballon rond. »

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