Revue de presse française

À la Une: le duel Macron-Le Pen aura-t-il encore lieu ?

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Les Unes des quotidiens Libération, L'Humanité et Le Figaro du 22 juin 2021.
Les Unes des quotidiens Libération, L'Humanité et Le Figaro du 22 juin 2021. © Montage RFI

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« Présidentielle 2022 : et si ce n’était pas eux ? », s’interroge Libération en première page, avec cette photo de profil des deux finalistes de la dernière présidentielle. « Le RN en net recul. LREM en déroute. Marine Le Pen et Emmanuel Macron ont vu leurs espoirs douchés aux régionales. De quoi remettre en cause leur affrontement au second tour de la présidentielle ? » Peut-être bien, répond Libération. « Toutes les analyses faites ces derniers mois sur un inéluctable duel Macron-Le Pen annoncé pour 2022 reposent sur du sable. Les Français ne savent pas si et pour qui ils iront voter en avril de l’année prochaine. » Libération qui pose ce constat : « des partis historiques enracinés mais usés, des Verts qui n’ont pas encore complètement changé de statut, un vote d’extrême droite en retrait mais vraisemblablement caché, un président sortant sans grandes assises politiques dont la réélection ne peut reposer que sur sa seule force en campagne. L’issue de 2022 est, en réalité, très incertaine. »

Une opportunité pour la droite ?

Pour Le Figaro, la porte s’entrouvre pour la droite. « La vérité des urnes, même boudées, vaudra toujours plus que tous les sondages. Que nous dit-elle ? Que le parti du président est très faible, que celui de Marine Le Pen se porte beaucoup moins bien qu’il ne l’affirme. Qu’ils ont un besoin vital l’un de l’autre. (…) Macron et Le Pen comptaient sur ce scrutin pour dynamiter la droite : elle en sort intacte. Sa responsabilité, désormais, est immense. Débarrasser, enfin, la vie politique d’une dialectique dissolvante qui remplit nos écrans, dégrade profondément la politique et vide les bureaux de vote. »

La Croix renchérit : « l’affiche Le Pen-Macron que l’on nous promettait pour le second tour de la présidentielle se trouve quelque peu délavée. Certes, rien n’est joué. La logique individuelle qui prévaut dans une campagne présidentielle amènera peut-être, sans difficulté majeure, la mise en place du duel annoncé. Cependant, pointe également le quotidien catholique, d’autres acteurs, grâce pour une part à l’abstention de ce dimanche, ont gagné en stature et peuvent venir bousculer la partie. On pense en premier lieu à Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Laurent Wauquiez. Encore faut-il que, d’ici là, ils ne se détruisent pas mutuellement. »

Pas la même élection

« Touchés mais pas coulés », lance pour sa part L’Humanité. « Les scrutins de dimanche ont déjoué le duopole voulu par LREM et le RN. Mais il ne faut pas sur-interpréter cette reculade », estime le quotidien communiste.

En effet, rebondissent Les Dernières Nouvelles d’Alsace, « ces deux scrutins concomitants ne sont qu’une photographie du moment, un peu floue qui plus est. Ils ne préfigurent rien, n’augurent pas grand-chose et ne permettent surtout pas de se projeter déjà dans la prochaine présidentielle. (…) Dans moins d’un an, l’équation sera radicalement différente. Il ne s’agira plus de fiefs locaux et régionaux à prendre ou à défendre. Il faudra rassembler un mouvement citoyen derrière un nom, retrouver un élan collectif qu’absolument aucun des principaux partis n’a pour l’instant initié. »

Covid-19 : le variant Delta majoritaire en septembre ?

À la Une également, le variant Delta du Covid-19 qui s’étend en France. « Bien installé dans plusieurs pays européens, la souche de ce variant, aussi dit "indien", circule désormais dans une grande majorité de territoires en France, pointe Le Parisien. Et fait planer le spectre d’une nouvelle vague à la fin de l’été. » Pour l’instant, les chiffres sont bas : « 2 à 4% de variant Delta détectés en France », indique Olivier Véran, le ministre de la Santé. Mais, affirme le journal, « il y a de fortes chances qu’il devienne majoritaire, avec un rebond épidémique en septembre. » Toutefois, tempère Le Parisien, « La France pourrait être aidée par sa campagne de vaccination. On sait que le vaccin est efficace contre les formes graves. (…) La météo devrait également donner un coup de pouce. On sait que les chaleurs et les UV ont une conséquence sur le virus. L’été, les gens vont plus dehors, on intègre plus facilement les gestes barrière. D’une certaine façon, c’est une chance que ce variant arrive maintenant en France. »

On remet le son

En tout cas, les allègements des contraintes sanitaires vont se poursuivre. « Le gouvernement remet le son », s’exclame Libération. « Le 30 juin, les salles de concert de musique actuelle, c’est-à-dire debout, avec possibilité de danser et pogoter, pourront de nouveau accueillir le public en intérieur, avec des jauges à 75 %, un chiffre plus élevé que celui attendu. Quant aux clubs et discothèques, ils pourront rouvrir dès le 9 juillet, et se remplir jusqu’à 100 % de leur capacité en extérieur et 75 % en intérieur, sans l’obligation d’imposer au public le port du masque. »

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