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Chronique des médias

Internet: modérer la désinformation 

Audio 02:33
Google a bloqué 80 millions de publicités liées au coronavirus et Facebook a mis des avertissements sur 50 millions de contenus litigieux
Google a bloqué 80 millions de publicités liées au coronavirus et Facebook a mis des avertissements sur 50 millions de contenus litigieux Studio graphique FMM

L’Union européenne a appelé cette semaine les géants du web à en faire plus pour lutter contre les infox qui se sont multipliées pendant la pandémie.

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Êtes-vous plutôt Facebook ou Twitter ? La Commission européenne, elle, a fait son choix. Par la voix de sa vice-présidente, Vera Jourova, elle a apporté son appui au réseau à l’oiseau bleu qui appelle à vérifier les tweets de Donald Trump sur le vote par correspondance, par exemple, et signale que ses menaces d’utiliser la garde nationale ou de tirer en cas de pillages relèvent de la glorification de la violence.

On connaît la suite : Trump a signé un décret pour tenter d’empêcher sa plateforme préférée d’être autre chose qu’un simple hébergeur de sa parole. Un décret qui s’oppose à toute intervention sur un contenu, sauf à être considéré comme éditeur, c’est-à-dire avec une responsabilité éditoriale. De quoi faire très peur à Facebook qui craint par-dessus tout d’être tenu pour responsable des posts de ses 2 milliards d’utilisateurs. « Je crois que c’est une ligne dangereuse de décider ce qui est la vérité et ce qui ne l’est pas », a argué le fondateur Mark Zuckerberg, quitte à subir une fronde interne, en plein Black Lives Matter.

Des infox qui se multiplient toujours

De son côté, la Commission européenne, qui planche sur une directive sur les services numériques pour la fin 2020, compte bien s’attaquer à la désinformation. Pendant la crise du Covid-19, elle a constaté une multiplication des infox sur le virus. Jusqu’à 3 % des messages sur les pages Facebook des médias français, selon Netino. Or, elle a vu que les plateformes étaient capables de purger leurs réseaux en mettant en avant des informations de l’OMS, par exemple.

► À écouter aussi Comment le coronavirus renforce l’hégémonie des GAFA

Google a bloqué 80 millions de publicités liées au coronavirus et Facebook a mis des avertissements sur 50 millions de contenus litigieux. Pourquoi n’en irait-il pas de même des manipulations d’État ou de la parole politique douteuse ? Twitter vient d’annoncer avoir fermé plusieurs dizaines de milliers de comptes liés à la propagande russe, chinoise ou turque. Quant à Facebook, elle a commencé à bloquer les publicités des médias étrangers, notamment russes et chinois.

Faire confiance aux plateformes ?

Seulement, peut-on faire confiance aux plateformes pour se réguler elles-mêmes sur la parole politique ? Et n’y a-t-il pas un risque de censure correspondant à un tropisme américain ? En outre, Facebook emploie des bataillons de modérateurs qui ne suffisent pas à juguler des propos haineux et des infox que des groupes marginaux peuvent encourager en manipulant les algorithmes.

Si la France et l’Allemagne souhaitent être plus contraignantes, comme en témoignent les lois Avia et NetzDG, l’Europe table plutôt sur un code de bonne conduite avec des partenariats. Pas sûr que ce soit suffisant pour empêcher de nouvelles manipulations électorales.

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