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Reportage international

Inde: en pénurie de docteurs et d'infrastructures, Bangalore se reconfine

Audio 02:38
Un patient en soins intensifs à l'hopital HBS de Bangalore, en Inde.
Un patient en soins intensifs à l'hopital HBS de Bangalore, en Inde. RFI/Bastin Côme

Avec presque 900 000 cas, l’Inde est aujourd'hui le troisième pays le plus infecté par le Covid-19 au monde. Si ces chiffres officiels restent relativement bas pour la deuxième population mondiale, ils sont appelés à monter en flèche. Or les infrastructures hospitalières déficientes sont déjà dépassées par la situation. À Bangalore, ce n’est pas seulement l’équipement mais aussi les docteurs qui manquent à l’appel.

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Dans le quartier historique, dense et populaire de Shivajinagar, la pandémie est en pleine expansion. Au sous-sol de l’hôpital HBS, le docteur Taha Mateen se désole.

« Regardez ces lits avec respirateurs complètement vides ! Nous sommes dans une salle de soins intensifs, mise en place dans l’urgence. Si seulement nous avions le personnel qualifié pour la faire fonctionner. Mais cet endroit ne sert à rien, alors qu’il y a des patients dehors, qui attendent un lit d’urgence. »

Jusqu'alors épargnée par le virus, la ville de Bangalore est aujourd’hui dépassée. 19 000 cas y sont officiellement recensés, bien que les chiffres soient sûrement plus élevés et appelés à exploser. Et malgré deux mois de confinement total, les structures hospitalières ne tiennent plus le choc.

Le personnel soignant a fui

« Lorsque le confinement a été déclaré, les travailleurs journaliers n’ont plus eu de quoi manger. Ils ont commencé à migrer, il a fallu les aider. En conséquence, la crise sanitaire n’a pas été anticipée. Le personnel hospitalier n’a pas été bien payé. De plus, si un infirmer tombe malade, il ne dispose d’aucune assurance. Partout, il y a donc une pénurie de docteurs. Certains sont en quarantaines, certains ont peur et certains ne veulent tout simplement pas travailler. »

Les hôpitaux publics sont sous-équipés pendant que les hôpitaux privés réclament eux jusqu'à 800 € par jour de soins intensifs, une fortune en Inde. Financé par des dons, l’hôpital de Taha Mateen s’est reconverti en centre contre la Covid-19. Après avoir frappé aux portes de plusieurs hôpitaux, ce patient a réussi à y trouver un lit.
« Il y a 12 jours, j'étais dans un mauvais hôpital. Mon niveau d’oxygène était trop bas. Ici, on peut se faire soigner : il y a des respirateurs, il y a de bons docteurs. C'est un des rares endroits de tout le Karnataka. »

Enterrements à la chaîne

À quelques kilomètres de Shivajinagar, une ambulance vient de déposer un corps au cimetière musulman de Kuddus Saheb. Ici, Abdul Muheeb prend soin des morts dont les proches n'ont plus de quoi payer l'enterrement. Il ne croît pas aux statistiques officielles de l’État de Bangalore.
« Personne ne nous finance, tout est fait par des volontaires locaux. Rien qu'ici, nous recevons chaque jour 7 ou 8 corps décédés du coronavirus. Nous faisons leurs dernières prières et nous les enterrons. Il ne peut pas y avoir que 400 morts au total. Les chiffres doivent être au dessus. »

Ce mercredi 15 juillet, le Karnataka vient de reconfiner Bangalore. Alors que la ville tourne déjà au ralenti, cette décision devra cette fois servir à mettre les hôpitaux en ordre de bataille.

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