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Pourquoi la biotech Moderna fait planer la bourse

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La société Moderna aurait un vaccin contre le Covid-19 (Photo d'illustration).
La société Moderna aurait un vaccin contre le Covid-19 (Photo d'illustration). Getty Images

Un nouvel espoir dans le vaccin contre le coronavirus enflamme les places financières. Et c’est la biotech américaine la plus avancée dans les recherches, la société Moderna, qui galvanise les investisseurs. Elle a confirmé mercredi qu’elle entrerait dans la dernière phase de son essai clinique dans une douzaine de jours.

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En dix ans d’existence, cette société n’a jamais commercialisé la moindre molécule. Et pourtant, à la faveur de la pandémie, elle est devenue l’une des stars de Wall Street. Elle vaut aujourd'hui 31 milliards de dollars. Depuis deux jours, son cours flambe, entraînant toute la Bourse dans son sillage. La valeur de l'action a quadruplé en six mois, dépassant maintenant la barre des 80 dollars. La progression fulgurante de cette biotech longtemps endormie doit beaucoup à l’intuition de son dirigeant, le français Stéphane Bancel, ancien patron de Biomérieux. En janvier, quand il découvre comme tout le monde l’existence de ce nouveau coronavirus il décide de lancer l’entreprise à corps perdu dans la recherche du vaccin, comprenant d’instinct que cette quête va débloquer des rivières d’argent et pourrait être un tremplin pour son entreprise. Du capital public ou privé, c’est précisément ce dont Moderna a besoin pour expérimenter sa technologie : le corps peut lui-même fabriquer les molécules détruisant le coronavirus si on lui injecte un fragment de matériel génétique qui délivre les instructions.

Ce principe a-t-il déjà donné des résultats positifs ?

Il existe seulement quatre vaccins à base d’ADN, ils sont réservés aux animaux. En revanche, aucun vaccin à base d’ARN, le matériel génétique employé pour ce vaccin anticoronavirus, n’a dépassé le stade des essais. Moderna a d’ailleurs déjà essuyé un échec retentissant en 2016, avec son vaccin contre le zika qui sera finalement abandonné. Sur le plan scientifique, l’expérimentation en cours est jugée prometteuse. Moderna a reçu la bénédiction du Dr Fauci, le très respecté immunologue de la Maison Blanche. Et une subvention de 483 millions de l’administration américaine. Mais les investisseurs sont encore partagés sur le destin de cette entreprise. Car la probabilité d’aboutir est encore très faible. Le marché des vaccins avec 200 projets coronavirus est très encombré et il y aura au bout du compte très peu d’élus. C’est pourquoi certains investisseurs sont vendeurs à la Bourse, ils parient sur la chute des cours de Moderna. Une tendance minoritaire, la plupart des traders se sont entichés de cette biotech, entre autres parce que si les essais sont un succès, son vaccin sera beaucoup plus facile à produire à grande échelle qu’un vaccin classique, les bénéfices seront donc rapides et plus juteux.

À qui profite cette euphorie boursière ?

D’abord au développement de la société. Une start-up brûle beaucoup de cash avant d’arriver au stade de la rentabilité. En dix ans d’existence, Moderna a levé plus de 3 milliards de dollars, la moitié est déjà partie en fumée. Cette embellie profite bien sûr aux principaux actionnaires. Stéphane Bancel serait maintenant milliardaire comme deux autres membres fondateurs de la société. Ils ont déjà monétisé une petite partie de cette manne providentielle en cédant régulièrement leurs titres. Selon l’agence Bloomberg, Stéphane Bancel a vendu 200 000 actions depuis le mois de février.

 

EN BREF

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La pression a fini par payer. Voyant la compagnie nationale limitée à un vol par semaine vers la Chine les autorités françaises avaient décidé d'appliquer la même règle aux trois compagnies chinoises desservant la capitale française. les discussions continuent pour augmenter la fréquence des vols.

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