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Politique, le choix de la semaine

Edouard Philippe, le retour

Audio 03:07
Edouard Philippe sur le tapis rouge du Festival de Deauville, le 4 septembre 2020.
Edouard Philippe sur le tapis rouge du Festival de Deauville, le 4 septembre 2020. Loic VENANCE / AFP
Par : Julien Chavanne
7 mn

La France a un nouveau Premier ministre depuis juillet dernier. Mais l'ex-locataire de Matignon continue d'occuper l'actualité et les sondages. Édouard Philippe est revenu dans sa mairie du Havre plus populaire que jamais. Et pas question pour lui de rester dans l'ombre maintenant que les Français le connaissent et l'apprécient.

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Édouard Philippe est même la personnalité politique préférée des Français. Aimé à la fois par les sympathisants de droite, il séduit en même temps les électeurs d’Emmanuel Macron. Populaire, oui, et présent, par petites touches. Après de vraies vacances en Italie cet été, on a vu Édouard Philippe parler de football à la télévision, sur le tapis rouge du festival de cinéma de Deauville, évoquer ses goûts musicaux à la radio et surtout faire campagne pour les sénatoriales. Il est allé soutenir deux candidats dont Sébastien Lecornu, son ami et ministre des Outre-mer.

Édouard Philippe fait donc son retour dans la politique nationale ?

Pas tout à fait. Ses proches assurent qu'il fait campagne aux sénatoriales comme il l’a toujours fait. Et seulement par amitié. Mais c'est vrai que chacune de ses sorties est l'occasion d'envoyer un signal. Il y a dix jours, il prédisait des « tempêtes » économiques et sociales pour le pays. Cette semaine, il appelait au dépassement des étiquettes partisanes. Vendredi encore, à Angers, il s'affichait aux côtés de 200 maires de droite qui soutiennent l'action d'Emmanuel Macron, La République des maires, une écurie philippiste qui ne dit pas son nom. Le message est clair : si Édouard Philippe n'est plus à Matignon, il continue à s'intéresser à la vie du pays et il ne compte pas disparaître de la scène nationale.

Il disait pourtant que Le Havre était sa seule ambition...

C'est vrai mais le virus de la politique est le plus fort. Après avoir dirigé le pays, retomber dans la seule occupation de maire peut être difficile, un peu comme une dépression. Un de ses amis le reconnaît : « Quand on passe de Matignon à la gestion des crottes de chien, on s’ennuie. » Édouard Philippe remplit donc son agenda. Il partage sa semaine entre son bureau du Havre, ses apparitions politiques à Paris et bientôt avec son nouveau poste au conseil d’administration d’Atos, une entreprise du numérique.

Populaire, avec une assise locale et des réseaux. Que veut faire finalement Édouard Philippe ? Est-ce que la présidentielle le travaille le matin quand il ne se rase pas ?

Son entourage le répète : il ne se présentera pas contre Emmanuel Macron. Pas un adversaire mais peut-être un remplaçant si le chef de l'État ne peut pas se représenter. « En réserve de la République », comme le dit un ami. Un proche d'Emmanuel Macron, l'eurodéputé Stéphane Séjourné, le dit autrement : « Derrière chaque Édouard, il n’y a pas un Balladur », allusion à la rivalité Chirac-Balladur pour la présidentielle de 1995. En attendant une possible ouverture vers l'Élysée, Édouard Philippe va continuer à faire « travailler la poutre » et attirer les orphelins de droite. Un maire Les Républicains l'avoue : « En se débarrassant d'Édouard Philippe, Emmanuel Macron a introduit le loup dans la bergerie ».

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