Aujourd'hui l'économie

Comment Joe Biden veut remédier aux pénuries de masques ou de puces électroniques

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Le président américain Joe Biden.
Le président américain Joe Biden. REUTERS - KEVIN LAMARQUE

Joe Biden s’attaque aux pénuries qui frappent l’industrie américaine. Le président des Etats-Unis a signé hier un décret pour évaluer les remèdes à mettre en place.

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La pandémie a servi de révélateur : les carences en masque ou en gants au moment de l’apparition du Covid-19 ont horrifié les Américains. Aujourd’hui, le défaut de semi-conducteurs paralyse plusieurs grandes usines automobiles, ce qui va générer un manque à gagner considérable pour cette industrie. Soudain, l'organisation en chaîne de valeur mondiale qui écrase les coûts devient un piège. Les États-Unis comme l'Europe sont en train de revivre le traumatisme du choc pétrolier de 1973 quand ils réalisent leur dépendance à l'égard des pays du Golfe.

Pas un manque de pétrole, mais de matières premières

Les terres rares par exemple : ces petits métaux comme le néodyme sont devenus indispensables pour la haute technologie. Cela fait des années que les Américains comme les Européens ont des sueurs froides en réalisant leur dépendance grandissante à l’égard de la Chine ; 80% de ces minerais sont extraits dans ce pays. L’administration américaine a cent jours pour identifier les points faibles de la chaîne d’approvisionnement et les moyens d’y remédier. En ciblant quatre domaines devenus critiques : les produits pharmaceutiques, les semi-conducteurs, les terres rares et les batteries électriques destinées à l’automobile, là encore un marché largement dominé par la Chine.

Un décret anti-pénurie sous forme de croisade anti-chinoise?

Donald Trump a lancé la guerre commerciale, il a pris des sanctions avec la hausse des droits de douane, mais sans obtenir beaucoup de résultats concrets, le déficit commercial américain avec la Chine s’est au contraire aggravé. Joe Biden lui, veut changer la donne de l’intérieur. C’est une tentative de reconquête face à la Chine et à tous les autres tigres asiatiques devenus mieux-disant dans le vaste processus de globalisation de l’économie. La Chine sait fabriquer à bas coût et elle sait aussi s’accaparer d’un marché si elle le juge stratégique. C’est ce qu’elle a fait avec les terres rares. Des métaux qui ne sont pas si rares que cela à la surface du globe, mais les Chinois ont progressivement pris la main sur cette industrie polluante souvent mal vue en Occident. Pour les semi-conducteurs, la Chine est encore loin d’être autonome, mais elle met les bouchées doubles pour le devenir et au passage prendre l’avantage : 40% des nouvelles capacités de production prévues dans les dix prochaines années sont situées en Chine,10% seulement aux États-Unis.

Comment rompre avec trente ans de dépendance ?

Plus facile à dire qu’à faire. Il n’y a pas de solution magique. La relocalisation massive de la production n’est pas à l’ordre du jour, c’est très coûteux, et donc finalement pénalisante pour l’économie qui choisit cette voie. L’administration américaine imagine plutôt un cocktail de mesures pour sécuriser les approvisionnements. En constituant des stocks stratégiques, comme il en existe pour le pétrole. En constituant des capacités d’appoint, à solliciter en cas de forte hausse des besoins. En diversifiant les approvisionnements quand c’est possible, il y a par exemple des gisements de terres rares en Amérique du sud et bien sûr en encourageant la production nationale. Une révision du code des impôts pourrait ramener les grands laboratoires sur le sol américain.

 

EN BREF

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