C'est dans ta nature

Confinés pour l’hiver !

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La marmotte hiberne six mois, sans boire ni manger. (Illustration)
La marmotte hiberne six mois, sans boire ni manger. (Illustration) © François Trazzi/wikimedia.org

Alors que l’hémisphère Nord est en plein hiver, comment font les animaux pour se protéger du froid, qui coïncide souvent avec le manque de nourritures ? Les stratégies diffèrent, entre migration ou hibernation.

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Il fait un froid de canard, on a la chair de poule. C'est l'hiver en ce moment dans l'hémisphère nord, et les animaux eux non plus n'apprécient pas le froid.

Les oiseaux migrateurs ont trouvé la parade, en allant vers le sud se dorer la pilule au soleil. Autant pour fuir le froid, que par manque de nourriture. Et ceux qui restent ? Leurs plumes se gonflent... Quant aux mammifères, c'est la fourrure qui s’épaissit. Le castor ne craint rien avec ses 23,000 poils au centimètre carré sur le ventre. L’humain, en comparaison, n’a que 300 cheveux au centimètre carré. Et met un chapeau s’il n’en a plus.

Dormir comme une marmotte. L’expression colle à la peau du mammifère alpin, symbole de l’hibernation, cette longue période où l’animal entre en léthargie, sous l’effet d’une baisse de sa température et du métabolisme. Au milieu de l’automne, la marmotte fait le plein d’énergie, avant de s’enterrer dans le terrier familial. Sa température passe en quelques jours à peine de 37 degrés à 5 degrés. Vive les économies d’énergie… Six mois d’hibernation ponctués de quelques réveils… pour faire de l’exercice ! « Si on vous immobilise pendant trois semaines, vous allez déjà perdre quasiment 25% de votre masse musculaire, explique Benjamin Rey, chercheur au CNRS. Une marmotte, au bout de six mois, doit pouvoir être capable de reprendre une activité physique normale. Ces réveils sont donc une manière d’entretenir la machine, parce qu’on ne peut pas rester six mois de manière totalement inactive. »

 Après l’hibernation, la reproduction à jeun

 Ce n’est ni le soleil (invisible au fond du terrier) ni le redoux au début du printemps (les nuits restent fraîches en altitude) qui provoquent le réveil de la marmotte. L’hypothèse la plus partagé est celle d’une horloge interne. « Généralement, les mâles adultes se réveillent les premiers, pour déneiger le terrier, poursuit Benjamin Rey. Et c’est assez extraordinaire : l’hibernation est finie mais c’est la phase de reproduction qui démarre, à une période de l’année où il n’y a toujours rien à manger. Les femelles attaquent la gestation alors qu’elles sont à jeun depuis six mois. » Un peu plus épuisées d’ailleurs par le changement climatique. La neige est moins épaisse pour isoler les terriers. La température y est donc plus fraîche, et les marmottes dépensent plus d’énergie. Autre effet du réchauffement de la planète sur l’hibernation : des chercheurs en Ukraine ont observé que les ours bruns hibernaient six jours en moins à chaque degré supplémentaire.  

On hiberne aussi chez les reptiles, une hibernation moins éprouvante en raison de la température variable de leur corps. « Il faut voir les tortues, les lézards ou les serpents comme des systèmes très économes, précise Xavier Bonnet, directeur de recherche CNRS au Centre d’études biologiques de Chizé. N’ayant pas besoin de maintenir leur température constante, ils ont besoin de beaucoup moins d’énergie pour alimenter une espèce de chaudière. Contrairement à un hérisson qui va perdre, en hibernant, la moitié de sa masse corporelle. »

 De l’antigel animal

La température des reptiles peut descendre jusqu’à 5 degrés, « voire en-dessous sans que ça les tuent alors que ce serait létal pour un oiseau ou un mammifère, observe Xavier Bonnet. Il existe des grenouilles et des tortues qui contrôlent la croissance des cristaux de gel dans leur organisme. » Une forme d’antigel qu’on retrouve aussi chez certains poissons des océans polaires. Le poisson surgelé, ce n’est pas dans ta nature !

 À l’extrême sud de la planète, les manchots se tiennent sur les talons pour éviter à leurs orteils le contact avec la banquise. En rang serré, leurs petits au milieu protégés du manteau parental. Toujours en Antarctique, une mouche se déshydrate pour éviter de geler. Sous des climats plus tempérés, quand l’hiver approche, certains insectes pondent leurs larves dans des endroits cachés et abrités, avant de mourir. Les colonies d’abeilles la joue collées-serrées pour maintenir la température constante. Bien au chaud, confinées pour l’hiver.

LA QUESTION DE LA SEMAINE

« Quel est l’animal le plus feignant ? »

 Ce n’est pas le paresseux, qui ne dort que 10 heures par jour, mais le koala : 22 heures de sommeil sur 24, suivie de chauve-souris, 20 bonnes heures passées la tête en bas. Mais il y a mieux encore : l’escargot du désert, dans le désert du Néguev, en Israël, peut rester au fond de sa coquille plusieurs années de suite, pour attendre une météo plus clémente. Une forme d’hibernation l’été… Et puis il y a ceux qui sont debout jusqu’à pas d’heure. Le cheval et l’éléphant ? Trois heures de sommeil à peine. Enfin la girafe ne se couche que rarement. Deux heures de sommeil lui suffisent. Une histoire à dormir debout.

 

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