Chronique des matières premières

La bourse des métaux de Londres renonce à son Ring pour le tout électronique

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La salle des marchés de la nouvelle London Metal Exchange (LME), ouverte dans le centre de Londres, le 18 février 2016.
La salle des marchés de la nouvelle London Metal Exchange (LME), ouverte dans le centre de Londres, le 18 février 2016. LEON NEAL / AFP

Au London Metal Exchange, la bourse des métaux de Londres, on n’entend plus résonner les cris des traders à cause des restrictions liées au Covid-19, depuis le mois de mars 2020. Et ce silence risque bien d’être définitif. Le LME l’a annoncé dans un communiqué ce mardi 19 janvier : il va fermer son Ring, sa criée. Place aux plateformes électroniques.

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Dernière criée d'un marché financier à subsister en Europe, le Ring de la Bourse des métaux de Londres appartiendra bientôt à l'Histoire. Au début du XIXème siècle, des négociants improvisent une réunion dans un café de Londres. L'un d'eux trace un cercle dans la sciure pour inviter ses collègues à s'y regrouper pour vendre et acheter des lots de métaux. Le Ring est né. Lors de la création du London Metal Exchange en 1877, il sera matérialisé par un cercle de banquettes rouges.

Le prix de référence mondial des métaux

Pendant près de 150 ans, une dizaine de traders tirés à quatre épingles s’y assoient quatre fois par jours pour transmettre les ordres de leurs clients, des constructeurs automobiles aux investisseurs, représentés tout autour par les opérateurs de marché, téléphone à chaque oreille. Ils ont cinq minutes pour fixer ce qui va devenir le prix de référence mondial du cuivre, autant pour l’acier, le plomb, l’étain, le cobalt ou le nickel…, chacun des neuf métaux échangés dans cette arène.

Langue des signes

Une arène qui devient de plus en plus bruyante à l’approche de la cotation finale, ce qui pousse les participants à communiquer avec une langue des signes très particulière : je vends à 7 602 dollars deux doigts en l’air, j’achète à 7 603 les trois derniers doigts vers le bas, je renchéris à 7 605 en agitant les cinq doigts de la main… Pas question de laisser l’agitation faire perdre aux traders le contact avec la banquette rouge, ne serait-ce que d’un talon. Sinon c'est l'amende de plusieurs milliers de livres.

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Le Covid, « pas un prétexte » mais un test

Ce rituel avait survécu au rachat du LME par la bourse de Hong Kong en 2012. Mais le Ring n’accueillait plus que 10% des transactions. « La fermeture de ce témoignage précieusement gardé pendant 144 ans n’est pas une décision que nous prenons à la légère », commente son président. « Mais il faut nous adapter à l’évolution des marchés. La pandémie de Covid n'est pas un prétexte pour fermer le Ring mais pendant sa suspension, reconnaît Matthew Chamberlain, les cotations électroniques ont permis d’accueillir un volume accru et constant d’activité, aisément observables par un plus grand nombre de participants. »

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