Chronique des matières premières

La demande d'or s'est effondrée en 2020, pourtant année de son record de prix

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La pandémie qui a provoqué un effondrement de 34% des achats de bijoux en or l’an dernier, à 1400 tonnes, son niveau le plus bas de l’histoire.
La pandémie qui a provoqué un effondrement de 34% des achats de bijoux en or l’an dernier, à 1400 tonnes, son niveau le plus bas de l’histoire. REUTERS - DENIS BALIBOUSE

En 2020 l’or a pulvérisé son record de prix à plus de 2 000 dollars l’once. Pourtant la demande de métal précieux s’est effondrée à son plus bas niveau depuis onze ans. Un véritable paradoxe.

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La consommation d’or a chuté de 14% l’an dernier, observe le World Gold Council. Elle est tombée sous le seuil des 4 000 tonnes pour la première fois depuis la crise financière de 2009. Difficile à comprendre a priori, puisque le métal précieux a battu son record de prix de tous les temps en août dernier, à plus de 2 000 dollars l’once.

Ruée des investisseurs dans les ETF

Mais la ruée vers l’or n’a pas été générale. Elle a surtout été le fait des investisseurs, inquiets par la crise du Covid et sans autre alternative rentable de placement étant donné la faiblesse des taux d’intérêt. Les achats de pièces et lingots se sont maintenus à près de 900 tonnes, mais surtout on a vu un afflux record d’investissements dans les fonds adossés à l’or, les ETF ou trackers : près de 900 tonnes également. Une progression de 120% par rapport à l’an dernier ! C’est ce qui a provoqué l’envolée des prix du métal jaune.

Mais retrait des banques centrales

En revanche les banques centrales, elles, ont réduit de 60% leurs achats d’or, à 273 tonnes. Si la Turquie, qui a le plus d’appétit, a continué ses emplettes, la Russie les a stoppées en mars. L’Allemagne, elle, a vendu une partie de son or. Il faut dire que les États avaient besoin de financer leurs économies, en panne à cause du Covid.

Plus faibles achats de bijoux de l’histoire

C’est aussi la pandémie qui a provoqué un effondrement de 34% des achats de bijoux en or l’an dernier, à 1 400 tonnes, son niveau le plus bas de l’histoire. Or c’est le plus gros segment de la demande de métal précieux. La Chine et l’Inde, premiers consommateurs au monde, ont particulièrement freiné les dépenses, à cause des confinements qui ont vu les bijouteries fermer, mais aussi de la peur du lendemain, d’autant que l’or était particulièrement cher.

Recul de la demande industrielle

Enfin la demande industrielle d’or a également chuté de 7%, à 300 tonnes, du fait des perturbations des chaînes logistiques, malgré les achats plus importants d’écrans, de la part des populations confinées chez elles.

 

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