Chronique des matières premières

Le vent au service du transport des matières premières

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Le Grain De Sail, un voilier cargo de France, passe devant la Statue de la Liberté alors qu'il part pour la République dominicaine après avoir livré une cargaison de 18 000 bouteilles de vin, le 28 décembre 2020, à New York.
Le Grain De Sail, un voilier cargo de France, passe devant la Statue de la Liberté alors qu'il part pour la République dominicaine après avoir livré une cargaison de 18 000 bouteilles de vin, le 28 décembre 2020, à New York. Getty Images - Gary Hershorn

Voilier ou cargo à voile, le transport à basse émission de carbone est à la mode. Librement inspiré des voyages des grands explorateurs, ces cargos d'un nouveau genre sont le fruit d'innovations portées par des marins engagés dont le but est d'utiliser le vent comme énergie propre.

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C'est un voilier de 24 mètres de long mené par quatre marins professionnels. Mais pour lui, point de course sportive ni de croisière touristique. À son bord un chargement peu ordinaire : des bouteilles de vin bio. 8 000 pour ce nouveau voyage. Le monocoque d'aluminium quittera Saint-Malo demain si la météo le veut bien, direction New York. Au retour, dans deux mois et demi, il sera chargé de 36 tonnes de masse de cacao et de 2 tonnes de café récupérés à Saint-Domingue.

C'est la deuxième rotation pour le navire de Grain de Sail, petite société bretonne fondée par deux frères issus du monde des énergies renouvelables aujourd'hui reconvertis en torréfacteurs de café et couverturiers en chocolat. En 2021, l'entreprise compte transporter à la voile 60% des matières premières nécessaires aux produits qu'elle fabrique.

Dix centimes de surcoût par tablette de chocolat

Pour bâtir son projet décarboné elle a choisi des matières premières qu'on ne trouve pas en France, et transformables, pour que le surcoût lié au mode de navigation soit répercuté dans un label éco-responsable et bio. Un surcoût évalué à 10 centimes par tablette de chocolat. La réflexion continue pour aller maintenant chercher à la voile, des noisettes en Italie, l'idée étant de combiner toujours pérennité économique et transition énergétique. 

La propulsion éolienne, c'est aussi le moteur des fondateurs de Neo-line, une start-up qui est en train de boucler le montage financier de son premier navire qui prendra la mer fin 2023. On parle là d'un cargo de 136 mètres dont l'énergie reposera à 70% sur le vent. « Le grand reproche que l'on fait au vent, explique le directeur de la société Jean Zanuttini, un ex de la marine marchande, c'est son intermittence. Or aujourd'hui il y a moyen d'aller chercher le vent grâce au routage météo. » Et cela change tout. 

Cargo hors norme pour marché de niche

Le Neo-liner émettra 80% à 90% de moins de gaz à effet de serre. Il naviguera sur une route spécifique pour éviter la concurrence, France - Côte-Est américaine - Saint-Pierre-et-Miquelon, avec des capacités tout aussi originales, puisque le cargo sera capable de transporter aussi bien des pneus, des conteneurs de cognac ou des bateaux de plusieurs mètres de hauteur. Se distinguer, pour s'imposer, sans polluer, ou en tout cas le moins possible, c'est le nouveau credo affiché par ces cargos « verts » à voile.

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