Politique, le choix de la semaine

Marine Le Pen: catho mais pas papiste

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Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN).
Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN). © AFP/Alberto Pizzoli

Premier opposant à Matteo Salvini, le pape s’inquiète désormais d’une arrivée au pouvoir de Marine Le Pen en France. Une prise de position politique que critique la présidente du Rassemblement national (RN). Candidate à la présidentielle, elle a donc décidé de hausser le ton, quitte à compliquer encore un peu ses relations avec les électeurs catholiques.

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« Je suis convaincue que de nombreux croyants seraient ravis que le Pape s'occupe de ce qui se passe dans les églises plutôt que dans les urnes. » La réaction de Marine Le Pen à l'article de l'Obs relatant les propos tenus par le pape lors d'une rencontre avec Cyril Dion de la convention citoyenne ne se sera pas faite attendre. François y aurait fait part de son « inquiétude » à l'idée d'une victoire de Marine Le Pen en 2022.

« De quoi se mêle-t-il ? », a-t-on réagi au sein du RN. Conseiller spécial de la présidente du Rassemblement National, Philippe Olivier, y voit même une nouvelle illustration d’un « sauve-qui-peut général du système ».

Faut-il comprendre que le pape est un militant politique ? Une chose est sûre : argentin, le pape François est marqué par la dictature qu'a connue son pays. Ses positions pro-migrants et anti-Salvini ont par ailleurs agacé une partie de la classe politique et médiatique italienne. « Je préfère les papes traditionnels qui parlent spiritualité », déclare le député RN Sébastien Chenu. « Moi je préférais Jean-Paul II qui était anti-communiste », renchérit Philippe Olivier qui se rappelle avec nostalgie la rencontre lors d'une audience publique place Saint-Pierre entre Jean-Marie Le Pen et le souverain pontife polonais. Une image d'ailleurs utilisée par le co-fondateur du FN dans une brochure envoyée aux maires pour récolter leur parrainage en prévision de la campagne présidentielle de 1988.

Marine Le Pen prend-elle pour autant un risque politique à critiquer le pape François à un an et quelque de 2022 ? Pas vraiment. La candidate à la présidentielle 2022 n'a en fait pas grand-chose à perdre. Elle a déjà pris ses distances avec les milieux catholiques, marquant ainsi une rupture avec son père. Elle n'a par exemple pas manifesté contre le mariage homosexuel aux côtés de la manif pour tous en 2013. « Les curés, ce n'est pas mon truc », dirait-elle en privé. En 2017, les catholiques pratiquants ne s'y étaient pas trompés, votant davantage pour François Fillon que pour elle.

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