Revue de presse Afrique

À la Une: colère et indignation après l’assassinat de l’ambassadeur italien en RDC

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L'hôpital de campagne où repose le corps de l'ambassadeur italien Luca Attanasio, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 22 février 2021.
L'hôpital de campagne où repose le corps de l'ambassadeur italien Luca Attanasio, à Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, le 22 février 2021. © REUTERS

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« Le président Tshisekedi se dit consterné », rapporte le site d’information congolais Cas-Info. Il « envoie un émissaire à Rome ce mardi ». Pour sa part, « la ministre congolaise des Affaires étrangères, Marie Ntumba Nzeza promet de mettre tout en œuvre pour "découvrir qui est à la base de cet ignoble meurtre". »

Rappelons que l’ambassadeur d’Italie en RDC, Luca Attanasio, son garde du corps et son chauffeur ont été abattus hier matin par des hommes armés alors qu’ils faisaient partie d’un convoi du PAM qui faisait route près de Goma, dans le Nord-Kivu.

Une bien vilaine guerre…

Ce drame « a brutalement ramené la communauté internationale à la triste réalité congolaise, pointe Afrikarabia. Un drame qui jette une lumière crue sur une bien vilaine guerre que l’on préfère pudiquement appeler "conflit de basse intensité", mais, qui en réalité, tue régulièrement depuis plus de 25 ans dans le Nord et le Sud-Kivu. Il ne se passe pas une semaine sans massacres dans cette zone instable de l’Est de la RDC, à la frontière du Rwanda et de l’Ouganda. Les groupes armés sont particulièrement actifs dans la région. On y trouve les rebelles hutus rwandais des FDLR, des milices congolaises Nyatura, ou encore des ex-M23. (…) Sous l’impulsion du président Tshisekedi, l’armée congolaise avait été sommée d’intensifier ses offensives contre les groupes armés, rappelle Afrikarabia. Un an après, le bilan est bien maigre. Les coups de boutoirs des FARDC n’ont pas affaibli les rébellions, mais ont plutôt eu tendance à les disperser dans des zones géographiques plus grandes. Pire, après les attaques de l’armée régulière, certains groupes armés se sont vengés sur les populations civiles en représailles. »

Un sursaut !

« Bien évidemment, les réactions ont fusé de partout, souligne le site d’information congolais Enjeux africains. De Washington à Rome, en passant par les capitales africaines, les condamnations affluent. La communauté internationale, qui s’était habituée malheureusement à regarder ailleurs quand les victimes étaient seulement congolaises, est aujourd’hui confrontée à la triste réalité que vivent quotidiennement les habitants endeuillés du Nord-Kivu. Il n’est certes pas question de hiérarchiser les morts. Mais, estime Enjeux africains, il faut mettre à profit ce drame effroyable pour qu’il y ait un sursaut : mettre hors d’état de nuire tous les groupes armés et les milices locales qui sèment la mort au quotidien dans cette région.  La communauté internationale doit aider à trouver les voies et moyens d’y parvenir. »

Algérie : le Hirak bien vivant…

À la Une également : « Le Hirak est de retour ! » C’est du moins l’exclamation lancée par le site d’information algérien TSA, après le rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de personnes hier dans les rues d’Alger pour célébrer les deux ans du mouvement de contestation. « Certains le croyaient mort, emporté lui aussi par la pandémie de Covid-19. » Eh bien non, « l’Histoire a cette inexplicable faculté de se répéter. (…) Alger a bien renoué avec les grandes manifestations de rue et le Hirak n’a jamais quitté l’esprit des Algériens. »

« L’impasse est toujours là, constate Liberté : d’un côté, un régime sans base politique et sociale, englué dans ses contradictions internes, privé de la rente susceptible d’entretenir sa clientèle et réfractaire au changement, et, de l’autre côté, un mouvement populaire aussi confronté au problème de la représentativité et de l’organisation, mais dont l’esprit d’opposition au régime demeure. Entre les deux, une crise de confiance aiguë que seules des décisions audacieuses pourraient concourir à son apaisement. »

El Watan s’interroge : « Deux ans après, quels sont les acquis arrachés par les Algériens ? L’espoir est-il permis pour l’avenir ? (…) Si la situation sécuritaire ne fait qu’empirer, l’aspiration au changement est toujours présente, constate le quotidien algérien. Elle ne fait que se renforcer… » 

Enfin, cette réflexion d’un ancien haut-fonctionnaire algérien, cité par Le Monde Afrique : « Le pouvoir ressemble aujourd’hui à un hamster qui tourne sur lui-même. Mais c’est aussi ce qui guette le Hirak s’il ne se renouvelle pas et ne s’affirme pas comme un acteur capable de se doter de structures ou de personnes en mesure de transcrire un rapport de forces. Le pouvoir, lui, compte toujours sur sa résilience et jouera la montre. »

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