Revue de presse Afrique

À La Une: au Tchad, «entre les urnes et les canons»

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Le président tchadien Idriss Déby Itno, le 11 avril 2021, à Ndjamena, salue ses partisans après avoir voté pour l'élection présidentielle.
Le président tchadien Idriss Déby Itno, le 11 avril 2021, à Ndjamena, salue ses partisans après avoir voté pour l'élection présidentielle. AFP - MARCO LONGARI

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« Idriss Déby entre les urnes et le canon des rebelles », c'est ce que nous dit Walf au Sénégal. « Pendant que les premières tendances de l’élection présidentielle du Tchad lui sont largement favorables, lit-on, Idriss Déby voit le pays qu’il prétend diriger pour un sixième mandat être attaqué au nord. »

Attaqué par les rebelles du Fact, le Front pour l’alternance et la concorde du Tchad. Ceux-ci disent vouloir en finir avec ce qu'ils voient comme une « dictature implacable », prévient Walf. Des combats enregistrés samedi vers l'intérieur du pays et, face à la situation, les Britanniques comme les Américains ont « ordonné le départ des employés non essentiels de leur ambassade à N'Djamena. La France a déconseillé à ses ressortissants de se déplacer en dehors de la capitale tchadienne. »

La position de Paris interpelle la presse du continent

La France a défendu jusqu'à présent le président tchadien « contre vents et marées », rappelle Walf. Et il y a des précédents. En 2008 déjà, « une attaque rebelle avait atteint les portes du palais présidentiel avant d’être repoussée grâce au soutien français ». Idem en 2019 lorsque « des Mirage 2000 étaient intervenus pour contrer l’incursion d’une colonne rebelle dans le nord-est ». Alors le journal sénégalais s'interroge : « De plus en plus critiquée, à travers sa force Barkhane au Sahel, La France volera-t-elle, cette fois-ci, au secours de son allié stratégique ? ».

Interrogation d'ailleurs partagée au Burkina Faso, par L'Observateur Paalga. Pour lui, si les rebelles parvenaient à nouveau aux portes de la capitale, « il n’y a aucune raison que les mêmes causes, n’entraînent pas les mêmes effets, car on voit mal Emmanuel Macron lâcher en ce moment son plus précieux allié dans la lutte contre le terrorisme au Sahel », estime L'Observateur Paalga. Selon lui, « Déby est hélas indispensable aujourd’hui, quand tout le monde est conscient d’une chose : après la Libye, si la digue tchadienne devait elle aussi céder, toute la région, déjà submergée par le terrorisme, serait carrément engloutie ».

La France également confrontée au terrorisme dans le nord du Mozambique

Le Monde y consacre sa Une : « Au Mozambique, les rêves d'empire gazier menacés par les chabab ». Le journal revient sur ce méga-projet international, mis à l'arrêt par le récent coup d'éclat des jihadistes dans la ville de Palma. Projet destiné à produire du gaz naturel liquéfié, le groupe Français Total y compte une participation de 26,5%. Des compagnies chinoises et indiennes sont impliquées. « Les États-Unis participent à hauteur de 5 milliards de dollars. Il y a aussi le Japon, le Royaume-Uni, l'Italie les Pays bas et d'autres », rappelle Le Monde. Le Monde pour qui une nouvelle attaque « n'est pas à exclure », contre la péninsule d'Afungi. Une de ses sources visiblement « bien informée » nous dit : « au rythme où vont les choses, ils vont s'en prendre une, ça leur pend au nez ».

Les mots sont clairs. Alors que le journal pointe en même temps les « carences » de la riposte du gouvernement mozambicain, ainsi qu'un autre facteur « sous-estimé » et qui « sape la confiance des pétroliers ». C'est le trafic de drogue. Chaque année, « entre 10 et 40 tonnes d'héroïne » passeraient ici, à destination de l'Afrique du Sud. Ce qui révèle selon Le Monde « le contexte politique réel du pays, devenu une plaque tournante de l'héroïne mondiale ».

De nouvelles violences à la Une de la presse guinéenne

« L'heure est au bilan », affiche Le Djely en Une de son site internet. « Au moins deux morts et une dizaine de blessés » samedi, « journée meurtrière » à Kouroussa. Le journal évoque ici une « répression sanglante » intervenue face à de « violentes manifestations ». À l’origine, une colère populaire provoquée par « l’interdiction de l’orpaillage sur certains domaines riches en or, alors que cette activité artisanale fait vivre des milliers de personnes », souligne Le Djely.

Résultat : la résidence du préfet et celle du maire de la ville ont été « attaqués » et « saccagés ». « Même les marmites ont été emportées chez moi », affirme le préfet Souleymane Keita sur le site AfricaGuinée. Sur Guinée7 il appelle au calme. En face, réaction de l'opposition à lire chez Guinée Matin. Le leader de l'UFDG notamment, Cellou Dalein Diallo, dénonce « des tueries perpétrées par les forces de défense et de sécurité ». Aucune réaction officielle des autorités pour l'heure, mais Le Djely nous apprend qu'une délégation dépêchée par le président Alpha Condé s'est d'ores et déjà rendu sur place.

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