Revue de presse Afrique

À la Une: nouvelle attaque meurtrière dans l’est du Burkina Faso

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L’embuscade a eu lieu sur la route entre Fada Ngourma et Pama, dans l'est du Burkina Faso.
L’embuscade a eu lieu sur la route entre Fada Ngourma et Pama, dans l'est du Burkina Faso. © Google Maps

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« Les recherches ont été fastidieuses pour les forces de sécurité burkinabé, relate Le Monde Afrique, tant l’insécurité règne, dans l’est du Burkina Faso, sur l’axe reliant les villes de Fada et Pama, cerné par les groupes terroristes. Hier, les corps des trois Occidentaux – deux Espagnols et un Irlandais – disparus lundi après une attaque dans la zone, ont finalement été retrouvés morts en pleine brousse, criblés de balles. La ministre espagnole des affaires étrangères Arancha Gonzalez Lara a confirmé la mort de deux ressortissants : les journalistes David Beriain, 43 ans, et Roberto Fraile, 47 ans. Le duo réalisait un documentaire sur la lutte contre le braconnage dans la région et suivait une patrouille composée de militaires, de forestiers et de formateurs de l’ONG américaine Chengeta Wildlife. L’Irlandais, Rory Young, président et cofondateur de l’ONG, a également été tué dans l’attaque. »

Conscients des risques ?

Le Pays à Ouagadougou rappelle que cette « région de l’Est est connue pour être une zone d’insécurité depuis quelques années. Tant et si bien que de nombreux villages se sont vidés de leurs habitants et plusieurs écoles ont été fermées. » Et le quotidien burkinabé de s’interroger : « n’était-ce donc pas très risqué pour des expatriés, en l’occurrence des Occidentaux, de s’aventurer dans une telle région surtout par les temps qui courent où la peau blanche, à défaut de constituer une valeur marchande, pourrait révulser les terroristes qui se croient en terrain conquis ? »

Certes, complète le quotidien Aujourd’hui, « on pourrait soliloquer sur ce que faisaient ces hommes dans un recoin aussi retranché du Burkina Faso, et surtout réputé être un repaire pour les brigands et les terroristes de tout poil. S’y aventurer, même sous protection comme ce fût le cas pour les 3 tués, paraît périlleux. (…) Mais il s’agissait de journalistes, s’exclame le quotidien ouagalais. Ce métier est pétri dans la témérité, dans la conviction en des principes et en leur défense, parfois au péril du souffle de vie. Ils étaient sans aucun doute au courant des risques encourus en s’aventurant dans ces refuges de serpents venimeux que sont devenues certaines parties du Burkina Faso. Malheureusement, la barbarie a pris le dessus sur le bon sens et l’humanité. »

Tchad : les forces de l’ordre ont tiré sur les manifestants

À la Une également, la violente répression hier au Tchad. « Parcourant les grandes artères de la capitale, N’Djamena, relate le site d’information Tachad, des centaines de jeunes gens ont bravé hier matin l’interdiction formelle de manifester du Conseil militaire de transition. Très vite débordée, la police nationale a été renforcée par des militaires qui ont fait usage de balles réelles sur les manifestants. Selon les leaders du mouvement contre la transition militaire, rapporte le site tchadien, le bilan est de 7 morts à N’Djamena et 2 à Moundou. »

Déby père et fils : mêmes méthodes ?

Ledjely en Guinée ne mâche pas ses mots : « avec cette répression brutale, le Conseil militaire de transition se révèle indigne de la confiance que la communauté internationale semblait avoir placée en lui. En effet, il confirme par là qu’entre Déby père et Déby fils, la dérive du régime demeure la même. Et on comprend enfin que la France par la voix d’Emmanuel Macron et l’Union africaine par celle de Felix Tshisekedi haussent le ton contre la junte tchadienne. Il était temps que cette communauté internationale se réveille, s’exclame Ledjely, et réalise tous les risques auxquels elle expose le Tchad et le continent africain en parrainant une junte dont les membres n’ont pour référence qu’un certain maréchal Idriss Deby Itno. »

Un réveil des peuples ?

Enfin, à lire dans Le Point Afrique, cette tribune signée par plusieurs intellectuels africains : « les événements du Tchad appellent au "réveil" du peuple, au rapide sursaut des Africains et des institutions africaines pour un renouveau des pratiques politiques et pour la sauvegarde du bien commun, par excellence, que constitue l'exercice démocratique. Le rassemblement des mouvements de jeunesse, des partis politiques, des différents corps sociaux, dans un dialogue honnête, pour reconstruire les bases +d’un État-nation+, est nécessaire, estiment les auteurs de la tribune, pour éviter un grand +printemps+ africain qui pourrait entraîner un embrasement général d'une bonne partie du continent, avec des populations à bout de patience. Toute atteinte à la démocratie risque de n’entraîner que… la révolte ! »

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