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Afrique économie

Afrique du Sud: le secteur minier presque à l'arrêt

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Des travailleurs dans une mine de Westonaria, en Afrique du Sud (image d'illustration)
Des travailleurs dans une mine de Westonaria, en Afrique du Sud (image d'illustration) REUTERS/Mike Hutchings

Les mines sud-africaines sont à l’arrêt depuis le début du confinement du pays, il y a deux semaines. Avec plus de 2 100 personnes testées positives, l’Afrique du Sud compte le plus grand nombre de cas de coronavirus recensés sur le continent. Hormis les mines de charbon, nécessaires pour produire l’électricité du pays, et quelques exceptions, comme la transformation de certains minerais, le secteur est quasiment au point mort, du jamais vu dans le pays.

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La filière minière contribue à hauteur de 7% du PIB du pays, et emploie plus de 450 000 personnes. Cet arrêt forcé pourrait donc porter un nouveau coup dur à l’économie du pays déjà à bout de souffle.

Les mines sud-africaines ne sont pas totalement désertes, contrairement à ce qu’aurait souhaité le principal syndicat du secteur : certaines ont obtenu des dérogations, et les mines souterraines peuvent continuer des opérations de maintenance.

Siyanda Bakgatla est une mine de platine, dans la province du Limpopo, au nord du pays. Elle fait travailler, de façon indirecte, près de 6 500 personnes. Seule une poignée d’entre elles sont restées pour maintenir la mine.

Les autres continuent à recevoir une partie de leur paie, selon le PDG François Uys. « Tout notre processus de production est à l’arrêt. Mais dans une mine souterraine, il y a de l’eau qui s’infiltre parfois au niveau des zones de travail, donc il faut continuer à faire tourner les pompes. Et pour faire descendre des gens, il faut d’autres personnes qui font marcher le système de descente. Il faut aussi bien sûr continuer à ventiler. il y a tout un ensemble d’opérations qu’on ne peut pas arrêter comme cela. Les autres travailleurs sont rentrés chez eux, et ils devront y rester pendant 21 jours. »

Plusieurs grosses compagnies, comme par exemple Anglo-American, ont été poussées à appliquer la clause de force majeure : cela signifie qu’elles ne pourront pas honorer leurs contrats pour des raisons indépendantes de leur volonté.

Mais pour Sabrin Chowdhury, analyste chez Fitch Solutions, le plus dur sera pour les plus petites compagnies. « Oui, il y aura une diminution de la production de minerais cette année, mais les prix sont encore élevés. Et au cours des dernières années, les plus grosses entreprises ont diminué leur dette, elles ont rationalisé leur production, et désormais leurs coûts sont bas. Par contre, il y a un risque pour les compagnies plus petites, qui ont des coûts de production plus élevés, elles ne peuvent pas profiter d’économies d’échelle. Elles pourraient être confrontées à de grosses difficultés. »

Si le confinement venait à se prolonger, le secteur pourrait aussi avoir des problèmes de financement selon Henk Langenhoven, du Conseil sud-africain des mines. « Tout dépend du temps que cette crise va durer, mais notre plus grosse inquiétude sur le moyen terme, c’est que les investissements miniers pourraient se tarir. On ne pense pas que cela puisse se produire tout de suite, mais cela pourrait devenir un problème si la situation devait s’éterniser beaucoup plus longtemps. »

De plus, les ports sud-africains, dans un premier temps fermés, connaissent un trafic ralenti, ce qui touche d’autres filières : les producteurs de cuivre congolais et zambiens ont été poussés à trouver des routes alternatives pour leurs exports.

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