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Afrique économie

L'île Maurice veut réformer ses lois anti-blanchiment

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Une vue de Port-Louis, la capitale de l’Ile Maurice (image d'illustration).
Une vue de Port-Louis, la capitale de l’Ile Maurice (image d'illustration). Thierry/Wikipédia
Par : Abdoollah Earally

Maurice mobilise toutes ses ressources locales et diplomatiques pour réformer ses lois financières et muscler ses institutions de surveillance. Le combat contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme devrait passer à un autre niveau. Et le temps presse car depuis le mois dernier, le centre financier mauricien est dans la tourmente. Sur recommandations du GAFI, le Groupe d’Action Financière sur le blanchiment de capitaux, l’Union européenne a mis l’île sur la liste noire.

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D’intenses travaux administratifs ont été enclenchés sans tarder, pour remettre à niveau les lois, les instituons et le système de surveillance contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme. Dix-sept lois sont en voie d’être amendées. Le ministre des Services financiers, Mahen Seeruttun, explique les avancées à l’assemblée nationale. « Monsieur le Président, toutes les institutions impliquées dans l’application du plan d’action du GAFI travaillent sans relâche pour compléter leur tâche au plus vite. »

Maurice est appelé à muscler la surveillance et les lois dans les secteurs non-financiers. Ainsi la profession légale, l’univers des jeux, secteur des métaux précieux et l’immobilier n’échapperont pas à la surveillance. Pour mener à bien cette réforme, Maurice a fait appel à 10 consultants internationaux et a sollicité l’aide des pays amis. Ces travaux accélérés pour la mise en œuvre du plan d‘action du GAFI sont présidés par le Premier ministre, Pravind Jugnauth. « C’est une responsabilité collective. Que chacun fasse sa part. C’est seulement à ce moment-là que nous allons convaincre le monde des efforts de l’Île Maurice dans le combat global contre le blanchiment et le financement du terrorisme. »

Les grands acteurs économiques, notamment les banques, ont été appelés à collaborer pleinement à cet effort national pour sauver l’industrie financière de Maurice d’un désastre, si l’Union européenne maintient le pays sur la mauvaise liste. Le directeur de l’association des Banquiers mauriciens, Daniel Essoo. « Les banques à l’île Maurice adhèrent déjà à des normes qui sont supérieures à celles en vigueur dans le pays. De ce fait, les banques accueillent très favorablement toute démarche qui vise à rehausser le niveau de conformité. Nous espérons que cela sera fait sans porter préjudice au climat des affaires. »

Des affaires qui sont au cœur du développement économique de Maurice. L’année dernière, les actifs de son Global Business étaient estimés à 686 milliards de dollars, soit 50 fois supérieur au Produit Intérieur Brut de Maurice. Le centre financier se mobilise pour se conformer aux directives du GAFI : « Tous les partenaires économiques à l’île Maurice s’attèlent à rapidement mettre en chantier toutes les recommandations du GAFI et de sortir de la liste de l’Union européenne. »

Outre une vaste réforme, le pays déploie aussi de nouvelles ressources dans ses instituons de surveillance pour être aux normes, d’ici à octobre.

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