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Chronique des médias

L’Union européenne, grande oubliée des médias audiovisuels

Audio 02:25
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononce son discours sur l’état de l’Union, le 16 septembre 2020 à Bruxelles.
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, prononce son discours sur l’état de l’Union, le 16 septembre 2020 à Bruxelles. REUTERS/Yves Herman

Le secrétaire d’État chargé des affaires européennes, Clément Beaune, s’est étonné cette semaine que les médias audiovisuels publics français ne consacrent pas plus de place au traitement des sujets européens.

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Clément Beaune est comme Daniel Desesquelle, le journaliste de Carrefour de l’Europe sur RFI. Il a constaté qu’en France, même si nous avons quatre chaînes d’info, aucune d’elles, pas même la chaîne publique Franceinfo, n’avait jugé bon de retransmettre mercredi 16 septembre le discours sur l’état de l’Union de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Alors, bien sûr, on se dit que ce discours devait être fastidieux, plein de chiffres et de règlements. Alors, on regarde, on écoute et on découvre au contraire des mots très compréhensibles, des objectifs clairs, un regard qui embrasse beaucoup de sujets centraux. Sur la Covid, d’abord, on apprend que l’Union européenne va se doter d’une agence de recherche et de développement dans le domaine biomédical. On entend aussi des expressions fortes comme le rejet d’un « nationalisme vaccinal » reposant sur le chacun pour soi.

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On retrouve bien sûr le plan de relance avec ses 750 milliards d’aides, annoncés en juillet, dont 30% destinés à des « obligations vertes ». Mais on apprend qu’il y aura des normes de l’UE en la matière, que tiens tout va être très encadré par la Commission, qui devra faire converger les économies, ce qui promet de beaux débats en perspective. Et surtout que pour lutter contre le réchauffement climatique, il faudra réduire d’ici 2030 non plus de 40%, mais de 55% les gaz à effets de serre. On imagine les conséquences pour les transports, l’énergie, le bâtiment, l’agriculture. Alors, on se dit que, peut-être, ce discours en anglais manque de souffle, qu’il n’est pas en prise avec le réel. Bref, qu’il est trop techno. Et l’on entend tout au contraire des appels à la désescalade entre la Turquie et la Grèce, l’annonce d’un plan d’action contre le racisme, la dénonciation de « zones sans humanité » que sont les endroits « sans LGBT » en Pologne.

Les chaînes d’info préfèrent sans doute le séparatisme à l’Union, les polémiques vaines aux discours fédérateurs. Ce n’est pas nouveau. En 2016-2017, pas plus 3% de la durée des journaux de radio et de télévision en France étaient consacrés à l’actualité de l’Union européenne. Et encore, c’est surtout grâce à France 24 ou Arte plutôt que grâce à France 3, France Info ou France Inter qui sont loin d’être exemplaires. Du coup, l’idée commence à circuler : et si on créait des « indicateurs quantifiables » sur la couverture des sujets européens dans les conventions des chaînes ? Le secrétaire d’État aux Affaires européennes parle « d’obligation de service public ». Il va proposer au Premier ministre Jean Castex de nommer une mission parlementaire sur ce sujet.

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